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Vol d'identité : C'est toujours la «maison des fous»!

Annie-Cécile Tremblay,

Photo courtoisie

Prêt de 28 957 $ en son nom, changement d’adresse à son dossier, multiples demandes de financement. La membre du Mouvement Desjardins Annie-Cécile Tremblay qualifie de « maison des fous » la démarche pour récupérer son identité lors d’un vol. 

C’est en juin dernier que le calvaire de la résidente des Îles-de-la-Madeleine a commencé alors qu’elle a reçu, par courriel, une alerte de la part de l’agence de surveillance du crédit Equifax. Des demandes de financement ont été réalisées à son insu dans différentes institutions financières. 

Les malfaiteurs ont notamment cogné aux portes de Desjardins, de la TD Auto Finance et de la Banque de Montréal, rapporte-t-elle au Journal

Un faux prêt à la Scotia 

C’est finalement du côté de la Banque Scotia qu’un prêt de près de 29 000 $ a été octroyé le 8 juillet. Les paiements mensuels s’élèvent à 430 $ par mois, peut-elle lire, aujourd’hui, dans son dossier de crédit. 

Lorsque Annie-Cécile Tremblay a pris connaissance de cette fraude, elle a contacté Equifax pour contester ce financement. Elle a rempli le formulaire exigé dans une telle situation. Le hic, l’adresse dans son dossier de crédit n’était plus la même que sur ses cartes d’identité, alors l’agence a refusé sa demande. 

Annie-Cécile Tremblay,

Photo courtoisie

« Je suis en train de me battre avec eux, car ils me demandent des pièces d’identité et ils affirment que l’adresse n’est pas la même qu’au dossier. C’est parce que ce n’est pas moi qui ai apporté des changements au dossier ! », répond la femme, propriétaire d’une école de poterie. 

« En plus, j’ai appelé à la Banque Scotia. Ils m’ont affirmé qu’ils n’avaient pas de dossier à mon nom », poursuit-elle, concédant ressentir de la frustration. 

Hier, autre surprise, elle a constaté que des modifications avaient été apportées dans son compte de cellulaire. 

La cote de crédit affectée 

« C’est extrêmement troublant que les instances à qui nous sommes censés nous fier pour la surveillance et le suivi de notre crédit soient si peu fiables, dit-elle. C’est ma vie qui est un peu violée. C’est quand même épeurant de penser qu’une personne peut aussi facilement ouvrir du crédit à ton nom », ajoute-t-elle. 

Mme Tremblay a également vu sa cote de crédit affectée par toutes ces demandes de financement. Précisons qu’il est impossible de dire d’où proviennent les données sensibles utilisées par les malfaiteurs. 

Plus de deux ans après la plus importante fuite de données médiatisée au Québec, le cas Desjardins qui a touché des millions de personnes, Annie-Cécile Tremblay déplore le fait qu’il soit encore si difficile de récupérer son identité. Actuellement, Desjardins l’accompagne dans cette démarche. 

Elle aimerait également que les gouvernements s’impliquent davantage afin d’établir des mesures pour mieux protéger les informations sensibles.  

Mme Tremblay n’est pas la seule dans cette situation, selon Sylvain Paquette, propriétaire de l’Académie de formation et de prévention de la fraude et vice-président au chapitre du Québec à l’Institut canadien du crédit.  

« Oui, il y en a encore beaucoup de cas de fraude. [...] Les fraudeurs se perfectionnent et ils connaissent bien les méthodes pour contourner [le système] », conclut-il. 

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