/news/politics

Québec et Ottawa facilitent l’embauche de travailleurs étrangers

Il sera bientôt plus facile pour les entreprises d’embaucher des travailleurs étrangers grâce à une nouvelle entente conclue entre Québec et Ottawa. Les gouvernements espèrent ainsi pallier à la pénurie de main-d’œuvre.

• À lire aussi: Saguenay-Lac-Saint-Jean: des restaurateurs recrutent à l’étranger

• À lire aussi: Pénurie de main-d’œuvre: la boss transporte ses employés sur des centaines de km

• À lire aussi: Mettre un terme aux permis de travail fermés pour éviter les déserteurs

L’entente, dévoilée vendredi par la ministre des Relations internationales et de l’Immigration, Nadine Girault, et le ministre Jean Boulet, ministre du Travail, se déploie sur trois volets.

D’abord, des assouplissements sont apportés au Programme des travailleurs étrangers temporaires. Ainsi, la limite supérieure de travailleurs étrangers sera augmentée «par lieu d'emploi dans certains secteurs d'activité», a annoncé le cabinet de la ministre Girault.

Le gouvernement prévoit aussi inclure «certaines professions peu spécialisées en forte demande à la Liste des professions admissibles au traitement simplifié.

Ces professions, ainsi que les secteurs d’activité en forte demande, restent à être déterminées par le gouvernement et la Commission des partenaires du marché du travail.

Ces assouplissements devraient rester en vigueur jusqu’en décembre 2023.

Dans un deuxième temps, le gouvernement fédéral a accepté de permettre aux travailleurs étrangers temporaires d’occuper un emploi «de leur choix» alors qu’ils attendent leur statut de résident permanent, ouvrant la porte à un «permis de travail ouvert transitoire».

«Pour pouvoir bénéficier du permis de travail ouvert transitoire, ces travailleurs devront détenir un CSQ dans la catégorie des travailleurs qualifiés et avoir reçu un accusé de réception régulier de leur demande de résidence permanente de la part du gouvernement fédéral», a précisé Québec.

Finalement, Québec et Ottawa bonifient le Programme de mobilité internationale (PMI) en établissant le «PMI+». Ce nouveau volet du programme prévoit délivrer annuellement 7000 permis de travail sans avoir à passer par l'Évaluation de l'impact sur le marché du travail (EIMT).

Le PMI+ accélérera l’arrivée de certains travailleurs étrangers qui détiennent un CSQ.

Pour la ministre Girault, cette entente permet au Québec de franchir une «étape importante pour soutenir l’économie du Québec».

Une nouvelle favorablement accueillie au privé 

Cette annonce est de la musique aux oreilles du Conseil du patronat du Québec (CPQ), qui milite ardemment pour une réduction des barrières législatives qui complexifient l’embauche de travailleurs étrangers.

«Les gouvernements ont saisi l’urgence d’agir et ont démontré qu’ils pouvaient travailler ensemble afin de sculpter une solution propre au Québec», a déclaré Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.

L’organisation déplore toutefois que le rehaussement des seuils d’immigration ne soit pas à l’agenda de Québec.

«Il faut maintenant corriger le problème des seuils d’immigration, ceux-ci ayant été réduits alors qu’il n’y a jamais eu autant d’emplois disponibles, dans tous les domaines. À la fin mai, on recensait 188 000 postes vacants au Québec. Ces besoins en main-d’œuvre ne se résorberont pas tout seuls», a rapporté M. Blackburn.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) se réjouit elle aussi de l’annonce «car elles donneront plus de moyens aux dirigeants de PME pour affronter le défi colossal du manque de personnel qui ampute leur reprise économique», explique-t-on dans une déclaration.

«Avec les mesures annoncées aujourd’hui par le gouvernement, on enlève un des bâtons pris dans les roues des dirigeants d’entreprise afin de les aider à retrouver leur rythme de croisière. C’est une bonne nouvelle pour l’économie du Québec et nous espérons que les mesures entreront rapidement en vigueur», a commenté François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.

L’organisation rapporte que 67 % des PME canadiennes manquent de personnel, et 26 % doivent refuser des contrats pour cette raison.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.