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Ils cultivent le jardin du Québec

Vegpro

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Une région méconnue du Québec à moins de 40 kilomètres de Montréal fournit à elle seule la grande majorité des fruits et légumes grâce à des entrepreneurs issus de familles d'immigrants comme les Van Winden de Vegpro, arrivés ici avec 25 dollars en poche, qui ont réussi à en faire le jardin du Québec. 

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«Mon père est arrivé avec 25 dollars, 30 dollars, dans ses poches. C'est tout », raconte d'une voix posée à ses bureaux de Sherrington, Gerry Van Winden, PDG de Vegpro.

«Les terres n'étaient pas chères. Venant de Hollande, ils étaient habitués à faire des canaux de drainage parce que là-bas, beaucoup de sols sont cultivés sous le niveau de la mer », explique-t-il.

Aujourd'hui, il est le plus grand producteur de légumes au Canada avec un chiffre d'affaires dépassant le quart de milliard de dollars.

Fondée sous le nom de Vegpro en 1997, l'entreprise maraîchère a des sites dans la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique et en Floride.

«IL Y A UN BOUM»

Comme Vegpro, les Serres Lefort, à une vingtaine de kilomètres de là, le Centre Maraîcher Eugène Guinois ou encore la Ferme Riendeau sont les entreprises qui nourrissent le Québec.

«Il y a un boum. Ça a toujours été très actif. On est le jardin du Québec. On a la terre noire extraordinaire. On a beaucoup de variétés de légumes », lance Yves Boyer, nouveau préfet de la MRC des Jardins-de-Napierville et maire de Saint-Patrice-de-Sherrington.

«Il y a des fermes de Sainte-Clothilde qui s'agrandissent vers Hemmingford en raison des terres noires », observe de son côté Lucien Bouchard, maire du Canton d'Hemmingford, qui regorge de serres, de cidreries et de vignobles.

Pour Charles-Félix Ross, directeur général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), ces terres sont exceptionnelles. «L'expertise de ces producteurs contribue à nourrir le Québec », affirme-t-il.

«C'est le jardin du Québec, c'est sûr et certain. Il y a une production pour arriver à fournir des légumes douze mois par année », estime André Mousseau, président des Producteurs de serres du Québec.

«Ce sont les terres noires. Je verrais mal aller construire des centres d'achats là-dessus », dit à la blague André Michaud, président d'Agro-Québec.

«RESTAURANTS NAPPE BLANCHE»

Chez Vegpro, les affaires ont décollé quand la famille Van Winden a misé sur le mesclun, ce mélange de laitues longtemps associé à un certain luxe.

«À cette époque-là, ça se vendait uniquement dans les restaurants nappe blanche. C'était un produit haut de gamme », se souvient Gerry Van Winden. Aujourd'hui, son entreprise en produit près de 2000 acres chaque été grâce à ses travailleurs étrangers, qui sont devenus de vrais experts en la matière.

Croisé au hasard d'un champ lors d'une visite du Journal ces derniers jours, Elio Doro, qui travaille chez Vegpro depuis plus de 15 ans, était tout sourire. «J'ai quatre filles et mon épouse au Mexique, dans la région de Jalisco. Je travaille ici de mai à octobre. Je suis bien ici », a-t-il confié avant de regagner le champ vert chauffé par les rayons du soleil.

Mardi dernier, Vegpro a investi 55 M$ pour bâtir un complexe de serres carboneutres de quatre hectares à Sherrington, en Montérégie.

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