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L'impact des changements climatiques se fera aussi sentir au Québec

Les changements climatiques s’aggravent et s’accélèrent. Selon un rapport du GIEC publié lundi, la planète devrait se réchauffer d’un degré et demi d’ici 2030, soit 10 ans plus tôt que ce qui avait été prévu. 

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Les conclusions du rapport ne sont pas surprenantes, selon Alain Bourque, directeur général d'Ouranos. 

Le document du GIEC synthétise 14 000 articles scientifiques publiés au cours des dernières années pour tracer un portrait cohérent de ce qu’il se passe au niveau du climat.

«On ne parle pas juste de la température. On parle de précipitations, des océans, des glaciers, des niveaux d’eau, il y a toute une panoplie d’information qui montre un système climatique qui est en transformation profonde devant nos yeux», note M. Bourque. «Le climat est en continuel changement et que parfois, ça génère quelques extrêmes qui vont devenir de plus en plus fréquentes avec le temps.»

Un impact au Québec   

Si les changements climatiques continuent à ce rythme, l'impact se fera aussi sentir au Québec. 

«Les espèces les plus vulnérables seraient emmenées à disparaître parce qu’elles ne seraient pas capables d’endurer ces changements climatiques là», dit le directeur général. «Les infrastructures vont être de plus en plus affectées par des défaillances à cause des précipitations abondantes, ou à cause de cycles de gel-dégel, ou à cause de facteurs climatiques qui n’ont pas été tenus en compte lorsque ça a été construit.»

Ces difficultés vont affecter la santé et la sécurité des gens, comme dans les conditions métérologiques extrêmes qu'on peut voir à travers le monde avec des feux de forêt ou des inondations. 

«Je vous donne l’exemple des inondations au Québec il y a quelques années», ajoute M. Bourque. «On le sait qu’on a mal géré les zones inondables et qu’on a permis à des gens d’aller se construire dans des zones à risque alors il va falloir de plus en plus gérer cet aménagement du territoire là pour s’assurer de la santé et de la sécurité des gens.»

Alain Bourque ajoute que le développement économique va devoir s'enligner sur les changements climatiques. 

«Je reviens souvent avec l’exemple de la production agricole et de la foresterie qui dépend du climat. Il va falloir de plus en plus intégrer ces modifications du climat dans le développement de notre économie.»

Selon l'environnementaliste, un des problèmes qu'on a présentement au Québec, c'est qu'on n'est pas conscientisés par rapport à l’érosion et les inondations côtières.

«Telle zone côtière, telle rue, on ne pourra pas la sauvegarder dans 10, 15, 20 ans, elle ne sera plus là. Donc soyons proactifs, prévoyons de relocaliser des infrastructures, des gens et surtout, ne construisons pas du neuf dans cette région-là qui sont à risque et tentons plutôt de développer d’autres régions non à risques.»

Les canicules seront aussi plus fréquentes, selon le DG. 

«À un moment donné à Montréal, on va l’atteindre le 42-43 degrés. Il faut se préparer des scénarios, et à Ouranos, on le fait avec différents acteurs.»

Des pistes de solution   

La bonne nouvelle du rapport du GIEC, c'est qu'on offre plusieurs pistes de solutions aux pays. 

«On dit aux gouvernements: ''vous devez suivre ça. Vous devez réduire les émissions de gaz à effet de serre à ce rythme. Vous devez commencer très rapidement''», conclut M. Bourque. «Il faut aussi arriver à être carboneutre d’ici 2050, c’est écrit dans le rapport. L’information scientifique n’est plus un obstacle. L’information est là pour les décideurs et il faut opérationnaliser tout ça pour réussir à contenir le changement à moins de deux degrés.»

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