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Déclenchement des élections: l’opposition critique Justin Trudeau

Les partis d’opposition à Ottawa ont accusé Justin Trudeau, dimanche, de déclencher des élections pour des «gains politiques» et des «ambitions personnelles». 

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Il n’aura fallu que quelques minutes après le discours de Justin Trudeau pour que saute dans la mêlée le chef conservateur Erin O’Toole, qui a aussitôt dénoncé «le jeu politique» des libéraux.

Ceux-ci ont décidé de déclencher des élections générales anticipées, alors que le pays plonge dans une quatrième vague de COVID-19.

«La dernière année a été difficile pour tout le monde. Des familles ont perdu des proches, des travailleurs ont perdu leur emploi et les prix continuent d’augmenter. Les Canadiens ont fait de nombreux efforts pendant la pandémie, vous êtes restés à la maison, vous vous êtes fait tester et vous avez reçu le vaccin», a déclaré M. O’Toole en point de presse dimanche.

«Nous ne devrions pas risquer ceci pour des gains ou jeux politiques», a-t-il ajouté.

Conscient qu’une grande partie de la population n’a jamais entendu son nom, Erin O’Toole, élu à la tête du Parti conservateur il y a tout juste un an, a senti le besoin de se présenter de nouveau.

«Je suis un nouveau leader conservateur avec une longue feuille de route et une nouvelle approche», a-t-il lancé.

«Les douze ans que j’ai passés dans les Forces armées canadiennes m’ont appris qu’il faut toujours avoir un plan. C’est ce qu’on va faire le plan du rétablissement du Canada. Le plan de rétablissement va nous aider à relancer notre économie et à bien gérer nos finances publiques», a avancé M. O’Toole.

Le chef conservateur a fait connaître quelques-uns des propositions qui marqueront sa campagne : «un million d’emplois, de nouvelles lois anticorruption sévères, de l’action en santé mentale, des fournitures médicales fabriquées au Canada, un budget équilibré et des solutions à la pénurie de main-d’œuvre.»Il a dressé un bilan sombre de l’impact de la pandémie et déploré la montée du coût de la vie, qu’il a mis sur le dos du Parti libéral.

Il s’en est aussi pris aux autres partis. 

«Le Bloc, le NPS et les verts comme les libéraux veulent dépenser votre argent. Ils sont tous pareils», a-t-il dit.M. O’Toole a promis d’équilibrer le budget d’ici les dix prochaines années.

Blanchet dénonce une décision «irresponsable» de Trudeau         

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a qualifié d’«irresponsable» le déclenchement d’une élection fédérale alors que le pays s’enfonce dans une quatrième vague de COVID-19.

Pour M. Blanchet, cette décision s’explique par l’«ambition personnelle» du premier ministre Justin Trudeau.

«Si la situation est sérieuse au point de devoir imposer la vaccination obligatoire, même si moi je suis le premier à souhaiter que tout le monde soit vacciné, [...] mais dieu du ciel, n’est-ce pas trop dangereux d’aller aussi en campagne électorale?», a demandé le chef bloquiste.

Dans son premier discours de la campagne, Yves-François Blanchet a rapidement abordé la protection de la gestion de l’offre dans le domaine agricole, de la production des personnes âgées, de la réduction de la production de pétrole au pays, ou encore des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, entre autres choses.

 

Ces sujets auraient pu être des enjeux centraux si le gouvernement libéral n’avait pas décidé de lancer une élection en période de pandémie, a suggéré M. Blanchet.

Ce dernier n’a pas attendu à mettre la table pour attaquer ses adversaires qui seront tentés d’associer le Québec au racisme.

«On demandera des comptes à celles ou ceux qui se sont permis, au cours des deux dernières années, de se faire un fonds de commerce de l’habitude de traiter le Québec et les Québécois de racistes», a-t-il lancé.

«On va y revenir. Ce n’est pas vrai qu’on va oublier ça demain matin parce qu’on va rentrer dans une période de mamours. On va y revenir», a promis le chef du Bloc.

Nouveau Parti démocratique         

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a qualifié d’«élection d’été égoïste» la décision de Justin Trudeau de dissoudre le parlement à ce moment-ci, alors que les Canadiens seront appelés au scrutin le 20 septembre, à la veille du début de l’automne.

En direct du parc Lafontaine, à Montréal, M. Singh a enjoint le premier ministre à se concentrer sur «les autres crises» qui secouent le pays au lieu de se lancer en campagne électorale.

Par «crises», le chef du Nouveau parti démocrate (NPD) entend surtout la crise climatique ainsi que celles que traversent les communautés autochtones, tant au niveau de l’accès à l’eau potable que de la réconciliation avec le Canada.

Si son premier discours est une indication des grandes lignes à venir pour sa campagne, Jagmeet Singh compte aussi parler très souvent des ultrariches et du «traitement de faveur» que leur ont accordé les libéraux et les conservateurs.

«Certaines personnes ont dit pendant la pandémie que nous étions tous dans le même bateau. Mais je le dis clairement: nous n’avons pas été dans le même bateau», a-t-il lancé. «On a traversé la même tempête, mais certains l’ont traversée à bord de luxueux yachts pendant que d’autres étaient dans des bateaux canots de sauvetage.»

Questionné à savoir quelle serait sa stratégie pour gagner plus d’un siège au Québec, M. Singh a rappelé le rôle central de son parti dans la décision de faire passer le montant mensuel de la PCU de 1000 $ à 2000 $.

Pour ce qui est de la Subvention salariale d’urgence (SSUC), M. Singh s’est targué de vouloir faire passer le montant d’aide de 10 % du salaire à 75 %.

«Ce qu’on a fait pendant cette pandémie, pour tous les gens à travers le pays et ici au Québec, c’était nous les néodémocrates qui ont poussé et forcé le gouvernement à livrer plus d’aide pour plus de gens», a déclaré M. Singh, dont la popularité au pays est en ascension, sauf au Québec.

Pati vert du Canada       

La cheffe du Parti vert du Canada, Annamie Paul, est aussi d’avis que le moment est mal choisi pour le déclenchement d’une élection. 

Feux de forêt, pandémie, changements climatiques et conflits internationaux, Mme Paul a énuméré les différentes crises qui, selon elle, justifieraient que le parlement siège d’urgence plutôt qu’aller en élection. 

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