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«Écœuré» de recevoir des appels de courtiers

Robert Beaulieu a conçu à la blague une pancarte qu’il a plantée devant sa maison, à Candiac. Il est tanné des appels de courtiers immobiliers qui l’incitent à vendre.

Photo Agence QMI, Steve Madden

Robert Beaulieu a conçu à la blague une pancarte qu’il a plantée devant sa maison, à Candiac. Il est tanné des appels de courtiers immobiliers qui l’incitent à vendre.

Un sexagénaire de Candiac a décidé d’envoyer un message on ne peut plus clair aux courtiers immobiliers qui ne cessent de l’appeler pour le convaincre de mettre sa maison en vente.

« Pas à vendre. Arrêtez d’appeler. Chu écœuré », peut-on lire en caractères gras sur l’affiche que Robert Beaulieu a plantée vendredi sur son terrain. 

La pancarte en question se veut un pastiche de l’image de marque d’une célèbre agence de courtiers immobiliers. Une blague, évidemment, mais il n’en demeure pas moins que M. Beaulieu n’entend plus à rire. 

« Ça s’est calmé un peu, mais à un moment donné, je recevais un à deux appels par semaine. C’est fatigant ! » laisse tomber ce préposé aux bénéficiaires qui ne veut rien savoir de quitter son modeste bungalow.

Pas si profitable  

Certes, il estime qu’il pourrait faire des affaires en or en revendant cette propriété pour plus de 300 000 $, alors qu’il l’a acquise de son frère pour quatre fois moins au début des années 2000.

Mais devenu veuf très récemment, M. Beaulieu tient à demeurer proche de sa fille et de ses petits-enfants. 

« Ça va me donner quoi de la vendre si je ne peux pas en racheter une autre, à moins de m’exiler à la campagne où je serais isolé de tout le monde ? » demande l’homme de 63 ans, loin d’être le seul propriétaire de la région à être constamment courtisé.  

Les courtiers immobiliers reconnaissent en effet qu’ils font davantage de prospection par téléphone depuis le début de la pandémie. 

« Il n’y a pas assez de maisons à vendre pour tous les gens qui veulent quitter la ville. Pour ceux qui veulent faire beaucoup de ventes, c’est devenu nécessaire de prendre le téléphone », explique Daniel Pagé, un courtier immobilier de la Rive-Sud de Montréal. 

Il est très rare que l’un d’entre eux se réessaie après un refus, précise M. Pagé. 

Or, comme de nombreux courtiers ont adopté cette technique, un propriétaire risque d’être contacté plusieurs fois, ce qui peut donner l’impression d’être harcelé.

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