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Santé mentale: «Je n’ai pas craqué, mais j’ai eu des temps difficiles» -Eugenie Bouchard

Au moment où les athlètes prennent la parole sur la santé mentale, la joueuse de tennis Eugenie Bouchard avoue s’être sentie souvent seule et incomprise par les médias et le public.  

« Le tennis, c’est un sport individuel [...]. Quand tu entres dans le vestiaire, tout le monde est comme un ennemi, j’ai toujours trouvé que c’est un sport où tu te sens seule », a avoué Bouchard, vêtue en agente de bord afin de faire la promotion de la nouvelle compagnie Flair Airlines, à Montréal, hier.

Loin des courts depuis quelques mois en raison d’une blessure à l’épaule, l’ancienne numéro 5 mondiale est revenue sur les années plus creuses qui ont suivi sa finale à Wimbledon en 2014. 

« Je n’ai pas craqué, mais j’ai eu des temps difficiles. Quand je n’ai pas eu les mêmes résultats en 2015 qu’en 2014. C’est difficile de jouer avec ces attentes, je sentais cela sur mes épaules. Maintenant, je prends un pas de recul, je ne prends pas cela personnel », affirme la Québécoise. 

Bouchard croit d’ailleurs que les mentalités sont en train de changer avec les sorties de la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka et de la gymnaste américaine Simone Biles, qui ont avoué ressentir la pression et avoir des problèmes de santé mentale. 

« J’ai eu des conférences de presse où les médias étaient négatifs. Dans ce temps-là, ça fait six ans, on ne parlait pas de santé mentale comme on en parle maintenant [...]. Dans le temps, on se serait fait dire : “tu es un bébé, tu n’es pas capable de gérer la pression...”, donc je n’en ai pas parlé. Maintenant, la population en général réalise que ça fait partie du sport. C’est bon qu’on puisse avoir ces discussions », croit « Genie ». 

Médias sociaux... et Justin Bieber

Même chose pour les médias sociaux qui déforment bien souvent la réalité des sportifs de haut niveau, insiste Bouchard. 

« Les gens ne savent pas ce que je fais dans ma journée. Je peux m’entraîner six heures et prendre une photo au cinéma et les gens pensent que je regarde seulement les films », analyse la 133e raquette mondiale. 

Même si elle n’aime pas parler des potins, Bouchard avoue avoir été contactée par le chanteur Justin Bieber, mais rien ne s’est développé entre les deux. 

« Il a essayé oui. On est devenus des amis, on a fait des événements de charité ensemble. Je crois que c’est un incompris », dit-elle. 

Expérience d’analyste

Bien détendue, Bouchard a adoré son expérience des dernières semaines comme analyste pour Tennis Channel et Sportsnet. 

« C’est plus difficile que je pensais, mais c’était plus le fun que je pensais aussi », rigole la jeune femme de 27 ans.

Mais du même coup, elle insiste pour dire qu’elle s’ennuie des terrains de tennis. 

« Ça me fait quand même de la peine de voir tous les joueurs et joueuses qui sont sur le terrain, car je ne peux pas jouer en ce moment. Mais en même temps, je reste proche du sport, car j’ai tellement regardé de matchs lors des derniers jours, plus que lorsque je joue. »  

« Hier [dimanche], j’ai marché autour du site à Toronto et sur un terrain aussi, je me disais : “oh mon Dieu, ça fait tellement longtemps que j’ai été sur un court de tennis, ça me manque beaucoup” », dit la native de Westmount, les yeux pétillants. 

De retour pour les Internationaux d’Australie ?  

GEN - EUGÉNIE BOUCHARD ET FLAIR AIRLINES

Photo Martin Alarie

Blessée en mars, Eugenie Bouchard a glissé au 133e rang du classement de la WTA. La Québécoise a répondu aux questions du Journal sur son retour au jeu. 

Parle-nous de ton état de santé, comment va ton épaule ?  

Ça fait deux mois et demi maintenant que j’ai eu ma chirurgie à l’épaule. Je suis en réhabilitation, je fais cela à chaque jour. Ça va me prendre un autre mois avant que je puisse retourner sur le terrain. Après, les entraînements seront courts et progressifs avant de retourner à la vitesse normale. 

Donc, de retour sur les terrains à l’automne ? 

Oui peut-être en octobre. Et après, ça va prendre quelques mois avant de faire un entraînement normal de deux heures. J’espère commencer à jouer des tournois en début d’année 2022. Je ne sais pas quand exactement, ça va dépendre comment ça ira. 

Est-ce qu’on peut s’attendre à un retour pour les Internationaux d’Australie ?

Peut-être. Ça serait un objectif agressif, mais j’espère. (rires)

D’autant plus que tu as eu de bonnes performances là-bas avec une demi-finale...

J’adore jouer là-bas. Je trouve que les terrains vont bien avec mon jeu, les gens sont tellement gentils. C’est là que le « Genie Army » a commencé, il y a sept ans maintenant...

Tu dis que le tennis c’est un sport individuel et on se sent souvent seule. Est-ce difficile d’évoluer au sein de la WTA ? 

Non. Les filles sont quand même gentilles les unes avec les autres. Moi, je suis davantage amie avec les Américaines et les Canadiennes car on partage la même langue. On passe plus de temps ensemble. 

Quelle joueuse a été la plus impressionnante en fin de semaine à Montréal ? 

Camila Giorgi [la championne], bien sûr. J’ai beaucoup aimé comment elle peut adapter son jeu. Avant, elle était plus agressive, elle frappait très fort. Mais maintenant, elle met plus d’effet sur la balle et fait moins d’erreurs.