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Empoisonnement de Navalny: Londres et Washington sanctionnent de hauts responsables russes

Londres et Washington ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre des hauts responsables des services de sécurité russes pour leur rôle présumé dans l'empoisonnement de l'opposant au Kremlin Alexeï Navalny, survenu il y a exactement un an à bord d'un avion en Sibérie.

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Le ministère britannique des Affaires étrangères a ciblé sept personnes, identifiées comme étant membres des services de sécurité russes (FSB). Ces individus sont frappés par des interdictions de voyager et par le gel de leurs avoirs, des mesures «prises aux côtés de nos alliés américains», a-t-il précisé dans un communiqué.

Le Trésor américain a, lui, indiqué dans un communiqué distinct que neuf hauts responsables et deux laboratoires scientifiques étaient visés au total par cette troisième vague de sanctions américaines.

Le département d'État américain a désigné «deux laboratoires scientifiques du ministère russe de la Défense qui se sont engagés dans des activités visant à développer les capacités d'armes chimiques de la Russie», a expliqué le Trésor.

La diplomatie russe a dénoncé dans la soirée ces sanctions «unilatérales illégitimes».

«La Russie a appelé à plusieurs reprises la Grande-Bretagne et ses partenaires (...) à appuyer les accusations avec des preuves. Mais la Grande-Bretagne et ses partenaires continuent de faire fi de ces appels», a écrit la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, sur la messagerie Telegram.

Parallèlement, le secrétaire d'État américain a annoncé vendredi son intention de bloquer la propriété de deux navires russes et sanctionner deux autres ressortissants russes impliqués dans le projet de gazoduc Nord Stream 2.

«Avec l'action d'aujourd'hui, l'administration a désormais sanctionné 7 personnes et identifié 16 de leurs navires comme des biens bloqués», détaille-t-il.

M. Blinken rappelle l'opposition de principe des États-Unis au gazoduc Nord Stream 2.

Les gouvernements américain et allemand avaient annoncé le 21 juillet un accord pour clore leur dispute au sujet du gazoduc controversé. Le projet peut se poursuivre, mais il n'empêche pas d'éventuelles sanctions contre la Russie si Moscou utilise ce projet pour «commettre des actes agressifs à l'égard de l'Ukraine».

Les États unis déplorent que Nord Stream passe par la mer Baltique, mais pas par l'Ukraine, menaçant de priver ce pays d'une partie des revenus perçus sur le transit, mais aussi d'un moyen de pression sur Moscou.

Deuxièmes sanctions annoncées par le Royaume-Uni  

Les sanctions annoncées vendredi par le Royaume-Uni dans l'affaire Navalny sont les secondes après celles annoncées en octobre 2020 contre six responsables, dont le patron du FSB Alexandre Bortnikov et l'un des responsables de l'administration présidentielle Sergueï Kirienko, en lien avec cet empoisonnement.

Les individus sanctionnés cette fois-ci «sont directement responsables de la préparation ou de l'exécution de l'attaque contre M. Navalny à Tomsk le 20 août 2020».

Parmi eux, trois agents présumés du FSB, Alexeï Alexandrov, Vladimir Panyaev et Ivan Vladimirovich Ossipov qui, selon Londres, étaient présents à Tomsk au moment de l'empoisonnement de Navalny. Quatre membres de haut rang du FSB dont un général et un colonel sont aussi visés.

Empoisonné par un agent neurotoxique du groupe Novitchok, une substance conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires, Alexeï Navalny avait été deux jours dans le coma dans un hôpital sibérien avant d'être transféré à Berlin pour y être soigné.

L'opposant de 45 ans est emprisonné en Russie, où il est revenu en janvier 2021.

Dans une déclaration commune, Londres et Washington «regrettent que les autorités russes n'aient pas mené d'enquête et n'aient pas expliqué de manière crédible l'utilisation d'une arme chimique contre M. Navalny sur le territoire russe».

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