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Quand faire un budget permet d’éviter de déclarer faillite

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Illustration Adobe Stock

Jacques et Linda, un couple dans la quarantaine, travaillent dur pour parvenir à joindre les deux bouts. Malgré tous leurs efforts, l’endettement s’est installé progressivement, mettant leurs finances en péril.

Jacques œuvre comme représentant d’une entreprise spécialisée en alimentation, et Linda est caissière dans un supermarché. 

Depuis des années, ils cumulent les heures supplémentaires pour améliorer leurs revenus, mais se retrouvent aujourd’hui épuisés et endettés. Jacques a donc décidé d’aller consulter des spécialistes en insolvabilité.

Un endettement croissant

Lors d’une première rencontre informelle avec un expert de la firme de syndic autorisé en insolvabilité Jean Fortin et Associés, Jacques s’est présenté seul pour faire un bilan de la situation. Le couple est propriétaire d’une maison sur laquelle il dispose de 30 000 $ en équité et possède deux véhicules d’une valeur de 6000 $ chacun, ainsi qu’un REER de 33 200 $. Parallèlement, ils ont accumulé des soldes de 41 000 $ sur leurs cartes de crédit et de 18 000 $ sur leur marge de crédit pour un total de 59 000 $. 

Cela représente des paiements minimaux mensuels de 1800 $, un montant qui pèse lourd sur leurs revenus de 4800 $. Parents d’adolescents, ils souhaitent pouvoir contribuer financièrement aux études de leurs enfants, mais aussi conserver leur maison. 

Linda a accompagné Jacques à la deuxième rencontre. L’objectif : préparer un budget sans tenir compte du paiement des dettes. 

« Ce budget doit servir à calculer les revenus sur lesquels ils peuvent compter pour payer leurs dépenses. Il permet également d’identifier toutes les dépenses fixes et variables. L’excédent des revenus sur les dépenses, s’il en existe un, peut alors servir à rembourser les dettes ou à mettre de l’argent de côté pour les imprévus », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin & Associés. 

En réalisant cet exercice, le couple a constaté que sa marge de manœuvre était de 750 $ par mois, autrement dit bien en deçà des 1800 $ nécessaires pour rembourser leurs dettes. Pour réussir à joindre les deux bouts, ils ont donc utilisé leurs cartes de crédit et leur marge de crédit personnelle, accumulant un endettement devenu insurmontable. 

« On rencontre fréquemment des gens qui payent une partie de leurs dépenses personnelles avec leur crédit chaque mois. Ce faisant, ils ont l’impression que tout est sous contrôle puisqu’ils effectuent leurs paiements. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que le solde augmente constamment et que la situation risque de déraper », souligne Pierre Fortin.

Retrouver l’équilibre financier

Après avoir examiné le budget de Jacques et Linda, il a été possible de réduire certaines dépenses. Avec cette nouvelle feuille de route en main, l’option de la consolidation de dettes a été écartée puisqu’elle entraînerait un paiement mensuel de 1285 $, soit plus que les 750 $ disponibles. Leur choix s’est donc arrêté sur une proposition de consommateur offrant aux créanciers une somme représentant 65 % des dettes initiales, soit 38 000 $. 

« Le couple effectuera des paiements de 640 $ pendant 60 mois au lieu de 1800 $. Cette marge de manœuvre respecte leur budget et leur capacité de payer, tout en leur permettant de mettre de l’argent de côté pour les études de leurs enfants, ce qui constituait l’une de leurs priorités », détaille Pierre Fortin.

Sauver les meubles

Jacques et Linda ont également pu conserver leur maison et leurs véhicules, tout en remboursant une partie de leurs dettes. 

Leur dossier de crédit sera toutefois affecté durant toute la période de la proposition de consommateur et durant trois ans par la suite. 

En revanche, ils auront retrouvé l’équilibre financier et se seront libérés d’un stress considérable.

Conseils   

Pour équilibrer son budget, le plus facile est souvent de couper dans les dépenses personnelles : restaurants, vêtements, loisirs, etc. Le confinement nous a démontré à quel point certaines d’entre elles n’étaient pas un besoin essentiel, mais répondaient surtout au besoin de se gâter.  

Chacun a ses propres priorités. Pour certains, les sorties sont essentielles, alors que d’autres peuvent s’en priver sans trop de difficulté. Quoi qu’il en soit, gardez en tête que le principe de base demeure le même pour tous : on ne peut pas tout faire et il faudra nécessairement faire des choix et certains sacrifices.  

Si vous disposez d’un excédent de revenus sur vos dépenses, mais que celui-ci est insuffisant pour effectuer le paiement minimum sur vos dettes, vous vous trouvez dès lors dans une spirale de l’endettement. Bien souvent, on ne s’en rend pas compte. Rectifiez le tir dès que vous constatez ce déséquilibre financier.