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Le tueur à gages fume du pot même en témoignant

Marie-Josée Viau et Guy Dion, à leur arrivée au Centre judiciaire Gouin, à Montréal, pendant leur procès pour les meurtres de deux frères, commis à leur résidence de Saint-Jude, en Montérégie, à l’été 2016.

Photo d'archives

Marie-Josée Viau et Guy Dion, à leur arrivée au Centre judiciaire Gouin, à Montréal, pendant leur procès pour les meurtres de deux frères, commis à leur résidence de Saint-Jude, en Montérégie, à l’été 2016.

Le tueur à gages de la mafia qui a éliminé deux frères chez un couple de la Montérégie n’a aucun problème à témoigner après avoir consommé du cannabis, a-t-il confié mardi au procès de ses complices allégués.

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« Ce n’est pas à toutes les pauses, par contre, parfois je n’ai pas le temps [de fumer des joints]. Moi, je fais du haschich, mais en ce moment, c’est des cocottes », a toutefois précisé le témoin-vedette au procès de Marie-Josée Viau et Guy Dion.

L’homme, que l’on ne peut identifier, témoigne depuis une dizaine de jours au procès du couple accusé de l’avoir aidé à assassiner les frères Vincenzo et Giuseppe Falduto, à Saint-Jude.

Les meurtres seraient survenus en juin 2016, puis Viau et Dion auraient incinéré les cadavres et fait disparaître toute trace du crime.

L’assassin s’est rendu aux policiers trois ans plus tard. Devenu agent civil d’infiltration, il a participé à une opération dans le but de piéger le couple afin d’obtenir des déclarations incriminantes.

Cela a permis d’arrêter les accusés de 46 et 49 ans, qui subissent présentement leur procès pour meurtre au Centre judiciaire Gouin, à Montréal.

Marie-Josée Viau et Guy Dion

Photo courtoisie

Marie-Josée Viau et Guy Dion

Pot payé par la SQ

Lors de son témoignage, le délateur n’a pas caché qu’il consommait des quantités exorbitantes de cannabis pendant qu’il était à l’emploi de la Sûreté du Québec (SQ), en 2019.

Il pouvait ainsi en acheter jusqu’à une livre par semaine, qu’il transformait en résine avant de la fumer. « Ce n’est pas très compliqué », avait-il déjà confié aux jurés.

En fait, sa consommation, qu’il justifie par ses problèmes de santé mentale, était telle que la SQ a augmenté son allocation hebdomadaire pour la durée de l’opération policière.

« Habituellement, c’est 500 $ par semaine, mais à cause de ma consommation, c’était 780 $ », a assuré le témoin.

Ne se cachant pas d’avoir des troubles de santé mentale et du fait qu’il était en période de crise à l’époque des meurtres des frères Falduto, il a également raconté prendre des « microdoses » de champignons magiques à l’occasion.

Lors du contre-interrogatoire par Me Mylène Lareau de la défense, il s’en est à nouveau pris à une ex-conjointe qui aurait tenté de lui transmettre une maladie vénérienne.

C’est d’ailleurs pour que la police enquête sur elle, ainsi que sur des personnes qui l’auraient agressée sexuellement, que le tueur s’était rendu aux policiers afin de devenir délateur.

Humeur changeante

Au cours de son témoignage, il s’est d’ailleurs emporté à plusieurs reprises, devant le jury, quand il était question de son ex ou encore de ses contrôleurs.

Il a également dû se justifier en rapport avec ses sautes d’humeur, ou encore sur les conditions qui lui avaient été imposées par la cour dans le passé.

Le procès se poursuit mercredi.

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