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La ministre fédérale des Femmes parle de «nos frères, les talibans»

La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Monsef, a créé la controverse mercredi après avoir lancé un appel à ceux qu’elle a qualifiés de «nos frères, les talibans» lors d’un point de presse sur la situation en Afghanistan, une déclaration qui a fait des vagues en pleine campagne électorale.

Mme Monsef, à titre de ministre du gouvernement Trudeau, faisait en matinée le point sur les efforts du Canada pour sortir le plus grand nombre possible de personnes du pays.

D’origine afghane, la ministre sortante a alors lancé un appel à ceux qu’elle a qualifié «nos frères, les talibans» dans une allocution lue pendant le point de presse.

«Je veux profiter de l’occasion pour parler de nos frères, les talibans. Nous vous demandons d’assurer l’évacuation sécuritaire de tous ceux qui veulent quitter l’Afghanistan», a-t-elle lancé.

Interrogée au sujet de sa sortie, Mme Monsef a toutefois indiqué qu’il s’agissait d’une référence culturelle, précisant que les talibans forment toujours un groupe considéré comme terroriste au Canada.

«La référence aux frères est une référence culturelle, mais laissez-moi être claire, nous ne soutenons pas les talibans et nous sommes horrifiés que les gains durement acquis au cours des 20 dernières années soient en jeu», a précisé la ministre.

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En conférence de presse à Brantford, en Ontario, quelques minutes après la mise à jour du gouvernement sur la situation en Afghanistan, le leader conservateur Erin O’Toole a qualifié cette qualification d’«inacceptable».

«Le gouvernement Trudeau a utilisé un langage totalement inacceptable. Après six mois d’inaction par le gouvernement Trudeau, il y a des milliers d’Afghans en danger à cause de leur soutien à notre pays», a-t-il déclaré en matinée.

«On a besoin de leadership, on a besoin d’un plan et on a besoin d’un premier ministre qui va agir dans nos intérêts et je vais faire ça chez nous et sur la scène internationale», a-t-il ajouté.

Le chef libéral Justin Trudeau, collègue de Mme Monsef, a quant à lui réagi depuis Surrey, en Colombie-Britannique.

«Comme j’ai été très clair depuis le début, les talibans, c’est des terroristes. Nous n’avons pas l’intention de les reconnaître, nous allons continuer de travailler pour sauver le plus grand nombre de personnes possibles de l’Afghanistan dans les jours à venir, mais aussi dans les mois à venir», a indiqué M. Trudeau.

Écoutez les analystes politiques Elsie Lefebvre et Marc-André Leclerc au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio:

«La ministre a adressé ses commentaires, je n’ai rien à ajouter, nous allons continuer d’être très fermes sur les talibans en tant que terroristes et continuer de les pousser pour laisser les gens sortir de l’Afghanistan», a-t-il poursuivi.

Jagmeet Singh n’a pas non plus échappé aux questions à ce sujet lors d’un point de presse tenu en après-midi à Windsor, en Ontario.

«Ma position est claire, je pense que [les talibans sont] un organisme terroriste et il faut le nommer comme ça. Mais je ne veux pas jouer sur les mots de la ministre Monsef, ce que je veux dire, c’est qu’on doit aider nos alliés», a mentionné le leader néodémocrate.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a pour sa part qualifié cette déclaration d’«extrême maladresse».

«À l’étranger, ce que ça aura comme portée, c’est dur à évaluer, mais ici au Québec et au Canada, ça soulève des questions sur le jugement», a-t-il ajouté lors d’un déplacement à Québec en fin d’après-midi.