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Sans inspection préachat, des mauvaises surprises au menu

Magnifying glass with house.

Illustration Adobe Stock

Le marché immobilier actuel continue d’exercer une forte pression sur les acheteurs. 

Conséquence ? De plus en plus de transactions immobilières se font sans inspection. 

Le problème est si important qu’il a forcé le ministre des Finances ainsi que l’OACIQ (Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec) à modifier, depuis le 22 juin dernier, les formulaires de promesse d’achat pour renforcer les messages quant aux risques associés au fait de renoncer à une inspection préachat. 

La prudence est de mise 

Acheter une propriété sans faire d’inspection au préalable, c’est limiter les recours légaux de l’acheteur. 

Selon Alexis Leclerc, courtier immobilier chez Remax 2000, ces modifications étaient plus que souhaitables. 

Avant, quand un acheteur faisait le choix de laisser tomber la clause d’inspection, il n’avait qu’à inscrire ses initiales à la clause 8.1 et c’était réglé. 

Maintenant, il est clairement écrit que le courtier a bel et bien informé l’acheteur des risques associés à la renonciation de l’inspection. 

De plus, on y retrouve un avertissement, afin de le sensibiliser davantage, qui indique que, sauf exception (à titre d’exemple : le remplacement ou la rénovation majeure de l’immeuble), il ne devrait pas renoncer à l’inspection préachat. C’est comme lui rappeler subtilement qu’il est en train de prendre une très mauvaise décision. 

Risques inutiles 

À moins d’être un acheteur aguerri ou encore, un entrepreneur qui a de l’expérience, vous devriez éviter de vous exposer à des risques inutiles. 

Il n’est pas rare de voir des acheteurs complètement désemparés après la prise de possession. 

Le premier risque silencieux est certainement la moisissure. Tout ce qui pourrait être la source d’une infiltration d’eau, comme les joints de maçonnerie, des fissures dans la fondation ou une toiture endommagée sont parfois difficiles à percevoir pour le commun des mortels. L’acheteur préférera regarder la qualité des planchers ou la dimension des pièces. Les petits signes d’affaissements sont trop souvent ignorés. 

Deux questions essentielles pour vous aider à prendre la bonne décision.

1. Avez-vous l’intention de faire des rénovations majeures ? 

2. Avez-vous les sous pour absorber de possibles imprévus ? 

Si vous avez répondu oui à une de ces deux questions, vous êtes l’exception à la règle. Si vous avez prévu de refaire l’intérieur de votre immeuble ou encore que vous disposez d’un budget supplémentaire pour faire face aux possibles vices cachés, vous pourriez choisir d’abandonner la clause d’inspection.

Aussi pour les maisons neuves 

Ce n’est pas parce que c’est neuf que c’est bien fait. 

Même le meilleur entrepreneur peut faire des erreurs. 

Encore une fois, c’est à vos risques et périls que de faire confiance aveuglément.


Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

Conseils   

-Une inspection effectuée par un professionnel en bâtiment vous permettra de découvrir les défauts apparents de l’immeuble et ainsi, vous évitera de mauvaises surprises. 

-En choisissant de laisser tomber la clause d’inspection, sachez que si un problème survient avec la propriété après la conclusion de la vente, vous serez limité dans vos recours. S’il y a poursuite, le tribunal aura à se questionner quant à votre vigilance. Le fait d’avoir renoncé à l’inspection pourrait vous nuire.