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Vaccination obligatoire: 60 000 employés de la santé non vaccinés devront se faire inoculer

La vaccination obligatoire des employés de la santé touchera des dizaines de milliers de personnes, dit le ministre Christian Dubé, qui s’appuie sur un « avis préliminaire » de la santé publique pour aller de l’avant avec cette politique. 

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«C’est 30 000 personnes qui sont en contact avec des personnes vulnérables et qui ne sont pas vaccinées. On a un avis préliminaire qui le recommande. Le principal argument, c’est la vulnérabilité de la clientèle », s’est justifié le ministre de la Santé Christian Dubé lors de son passage en commission parlementaire sur la vaccination obligatoire jeudi.

En plus du personnel du réseau public de santé, près de 30 000 travailleurs du réseau privé devront également recevoir leur injection. D’autres arguments militent en faveur de cette décision, a expliqué M. Dubé. En limitant le risque de contracter la maladie en côtoyant le personnel des hôpitaux, le gouvernement souhaite maintenir la confiance du public dans le réseau de la santé.

Et dans un contexte de grave pénurie de main-d’œuvre, Québec ne veut pas que du personnel tombe malade étant donné une vaccination inadéquate. On désire également éviter les éclosions importantes qu’on a connues dans le passé dans les hôpitaux et CHSLD. En juin dernier, a rappelé M. Dubé, quatre patients sont décédés dans l’unité de cancérologie du CHU de Sherbrooke en raison d’une éclosion.

Bris de service  

M. Dubé a toutefois reconnu que la vaccination obligatoire pourrait causer des bris de services en raison d’employés qui claquent la porte. Mais il faut malgré tout aller de l’avant car tout a été tenté pour convaincre les récalcitrants, et la vaccination piétine toujours malgré l’imposition de trois tests Covid par semaine à ceux qui ne sont pas vaccinés. Après le témoignage de M. Dubé, le directeur national de la santé publique Horacio Arruda se présentera devant les élus. Puis les grands syndicats du milieu de la santé viendront donner leur avis.

Les partis d’oppositions n’ont pas tous le même avis sur l’utilité de cette commission.

Show de boucane  

Pour le Parti libéral, il s’agit d’un « show de boucane » qui démontre le manque de sérieux du gouvernement quant à la commission. « Nous allons être là pendant deux jours à parler avec tous les groupes sans le ministre de la Santé [pour répondre à leurs questions]. À la fin, il n’y aura pas de recommandation. Alors ce n’est pas sérieux, ce n’est pas sérieux », a lancé la libérale Marie Montpetit.

Du même souffle, elle admet toutefois que son parti attend la fin de débats avant de se positionner sur les conséquences que devraient subir les employés de l’État qui refusent de se faire vacciner. Rappelons que le PLQ est en faveur de la vaccination de tous les employés de l’État. « La première chose, on veut savoir s’il y a des avis juridiques qui ont été émis. On imagine qu’avant d’aller de l’avant dans cette mesure-là, il a fait le travail qu’il devait faire au niveau de conventions collectives », a-t-elle dit. La députée du Parti conservateur du Québec Claire Samson parle d’une « stratégie marketing » de la CAQ, puisque la commission ne va pas voter, ou faire de recommandations.

Le Parti québécois et Québec solidaires sont plus nuancés. Du côté du Parti québécois, on veut se servir de l’exercice pour « jeter un éclairage autre que politique sur cette question ». Le député Joël Arsenault note que le seul avis scientifique sur cette question date de janvier et a été rédigé par l’Institut national de santé publique du Québec. « Il n’a toujours pas été révisé », déplore-t-il.

Avis scientifiques et juridiques  

Pour une question si controversée, le PQ veut avoir des avis juridiques et scientifiques. Il déplore encore une fois l’absence du Barreau du Québec, qui a renoncé à participer à l’exercice. Le parti n’a toujours pas pris position sur la vaccination obligatoire et préfère attendre l’avis des experts. M. Arsenault ne veut pas « stigmatiser » les gens qui ne sont pas vaccinés : il soutient que selon des sondages, 71 % des gens qui ne sont pas vaccinés sont tout simplement hésitants et peuvent toujours être convaincus.

Pour Vincent Marissal, de Québec solidaire, la commission permettra d’éviter le « bal des contradictions » que l’on a vu depuis l’annonce du passeport vaccinal. Avec la vaccination obligatoire, le gouvernement arrive dans une zone très sensible ou le politique, l’éthique, le droit et la science se chevauchent. « On veut les informations les plus cohérentes et crédibles pour la population », a-t-il dit.

Il ne veut pas que le « remède » soit pire que la maladie et s’inquiète du départ massif de personnel. M. Marissal croit qu’au lieu de punir les employés qui refusent le vaccin, on pourrait essayer de leur trouver un travail qui ne demande pas d’entrer en contact avec des patients.