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Fermer au lieu de gérer le VaxiCode

Des restaurateurs qui manquent de personnel ou qui sont contre la mesure sanitaire vont fermer leur salle à manger pour éviter de gérer le passeport vaccinal.

« Ça me brise le cœur, même si je suis fatigué », lance Mario Drouin.

Il fermera sa cantine saisonnière Chez Mimi, située à Val-des-Sources, en Estrie le 1er septembre au lieu de la date prévue en octobre.

L’entrée en vigueur du passeport vaccinal demain l’obligerait, comme tous les restaurateurs, à vérifier la preuve vaccinale des clients qui désirent prendre un repas sur place.

« On a déjà de la misère à avoir des employés et ça me prendrait une personne de plus », déplore M. Drouin.

Il dit travailler 120 heures par semaine pour faire fonctionner son établissement, dont les ventes ont bondi de 50 % depuis la pandémie.

 Écoutez les entrevues de Pierre Thibault, président de la NABQ et Paul Langevin, copropriétaire du cinéma Le Tapis Rouge :

Livraison et pour emporter  

D’autres restaurants ont annoncé qu’ils fermeraient leur salle à manger en maintenant la livraison et le take-out puisqu’il est trop difficile de trouver des employés pour vérifier les codes QR.

« Déjà, on a une pénurie de main-d’œuvre, et là faudrait leur [les employés] rajouter des tâches qui sont vraiment discutables », avance Éric Miller, propriétaire des restaurants de sushis L’Œil du Dragon, situés à Québec et Lévis.  

C’est aussi le cas des restaurants Amir, de Rawdon, dans Lanaudière et Chez To Go à Montréal, si l’on se fie aux informations publiées sur leurs réseaux sociaux.

Dans la région de Québec, d’autres établissements se sont résignés à n’asseoir personne à leurs tables dès le 1er septembre.

« Il y a beaucoup de restaurateurs qui me disent qu’ils ne vont pas être capables d’appliquer le passeport vaccinal parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’employés », constate Peter Sergakis, propriétaire de restaurants et de bars et président de l’Union des tenanciers de bars du Québec.

D’autres restaurants ont expliqué au Journal qu’ils fermaient leur salle à manger par conviction.

« Tu ne peux pas dire à un client qui vient depuis 15 ans : “Tu es mon chum, mais tu ne peux pas rentrer parce que tu n’es pas vacciné” », soutient Joey Vigliotti, propriétaire du restaurant Vincent Sous-Marins à Montréal-Nord, qui lui-même n’est pas vacciné.

Pas la fin du monde  

L’Association Restauration Québec (ARQ) estime que le passeport vaccinal est un moindre mal, après près de 18 mois de pandémie.

« Ça va être un fardeau, c’est compliqué, on le sait. Mais pour l’ensemble de l’industrie, qui n’est pas un monolithe, c’est mieux ça que la fermeture des salles à manger. Si certains veulent fermer leur salle à manger, c’est un choix de gestion », indique Martin Vézina, responsable aux communications et affaires publiques de l’ARQ. 

Pour Alain Lamarre, professeur en immunologie, virologie et cancer à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), le passeport vaccinal aura un « impact majeur » pour limiter la transmission dans les lieux comme les restaurants.

« Le fait que ça va se faire dans le contexte de la reprise automnale, quand les gens retournent à l’intérieur et les écoles reprennent, c’est là que le virus se propage le mieux. C’est sûr que c’est une mesure qui va aider au moins pour ce type d’activités là. »

– Avec Catherine Bouchard, Le Journal de Québec

  

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