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Qu'est-ce qui peut pousser un père à enlever son enfant?

Le petit de 3 ans, et le suspect 36 ans, sont toujours recherchés par la police jeudi matin, deux jours après que l'alerte AMBER ait été lancée. 

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«C’est vrai que c’est difficile à comprendre, ça nous fait beaucoup réagir», dit Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure associée à l'UQAM. «Dans des comportements comme ceux-là, comme enlever son propre enfant, on est souvent dans une grande désorganisation. Souvent, il y a des contextes de conflits, de rupture, de séparation.»

Selon la psychologue, la personne qui enlève son enfant peut vouloir faire peur à l'autre parent, le punir, ou lui enlever quelque chose d'important. 

«C’est là où ça devient très confus par moments», dit Mme Beaulieu-Pelletier. «C’est son enfant, c’est l’enfant de l’autre... dans certains cas les limites entre soi et l’autre ne sont plus nécessairement claires, entre soi et l’enfant aussi. Quand je parle de désorganisation, c’est que ça peut être difficile de voir ces limites-là.»

La psychologue explique que dans un cas comme celui-ci, le père ne veut pas nécessairement faire du mal à l'enfant, mais est peut-être très désorganisé. 

«Ce n’est pas nécessairement toujours très clair ce qui s’en vient, mais on réagit. Qu’est-ce que je fais? Je suis en détresse profonde, je prends cet enfant-là. Je suis en réaction par rapport à mon ex ou à mon conjoint, et je quitte. La suite n’est pas toujours définie», dit-elle.

L'enfant absorbe tout       

La psychologue explique que pour l'enfant, la situation peut être vécue de différentes façons. 

 «On peut s’entendre pour dire que cet enfant, s’il a confiance en son parent, il ne sait pas ce qu’il s’en vient», explique Mme Beaulieu-Pelletier. «Clairement, en ce moment, il doit avoir perdu beaucoup de repères par rapport à son quotidien. Il doit absorber beaucoup de l’état de son père.»

Les enfants absorbent émotionnellement ce que les parents vivent, souligne la psychologue. 

«Si le parent est désorganisé et dans une très grande colère, oui l’enfant est en train d’absorber ça mais en ne comprenant pas ce qu’il se passe», dit la professeure associée. «Il est dans une relation de confiance, mais dans cette charge émotionnelle là qui est lourde et qui n’est pas claire, donc pour lui en ce moment, ça ne doit pas faire de sens. Ça doit être très difficile.»

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