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Plaidoyer des maires pour lutter contre le trafic d’armes à feu

Les maires des cinq plus grandes villes de la province, dont Montréal et Québec, ont uni leur voix pour réclamer que le prochain gouvernement fédéral s’engage fermement à lutter contre le trafic d’armes à feu.

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«L’utilisation et la banalisation des armes sont devenues un réel problème dans nos villes», a soutenu la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mardi en point presse, en ajoutant qu’il y a urgence d’agir.

À ses côtés se tenaient également les maires de Québec, Laval, Gatineau et Longueuil.

Pour Mme Plante, les différents partis fédéraux sont tous «déconnectés» de la réalité sur le terrain.

«Si, chaque fois qu’on retire une arme, il y en a 10 qui rentrent, ça équivaut à donner des coups d’épée dans l’eau», a déploré Mme Plante.

Depuis plusieurs mois, la métropole est aux prises avec une problématique de violence armée, alors que des fusillades éclatent fréquemment. En février, la mort d’une jeune fille de 15 ans avait soulevé l’indignation, et les maires craignent que la situation fasse d’autres victimes collatérales.

 Écoutez La Rencontre Lisée-Mulcair à l'émission de Richard Martineau sur QUB radio:  

Pour Régis Labeaume, maire de Québec, rien ne justifie la légalité des armes d’assaut et de poing, qui ne sont définitivement pas utilisées pour chasser, selon lui. Un avis partagé par ses collègues.

«Nos policiers font ce qu’ils peuvent, mais tant que les gouvernements ne prendront pas un engagement ferme, ils ne pourront pas gagner», a-t-il souligné.

M. Labeaume a également ajouté craindre que la situation ne devienne un «Far West» semblable à ce qui prévaut aux États-Unis. «Personnellement, je refuse de vivre dans ce genre de pays», s’est-il exclamé.

Écoutez l'entrevue du maire de Laval, Marc Demers, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

Des engagements insuffisants    

Les maires ont appelé les partis fédéraux à faire preuve de «courage» pour interdire la possession d’armes d’assaut et de poing, même si l’idée ne fait pas l’unanimité à travers le pays, appelant les élus à légiférer pour l’avenir des Canadiens, plutôt que dans une vision électoraliste à court terme.

Les Libéraux ont promis, la semaine dernière, d’accorder aux provinces un financement pour les aider à contrer le marché des armes de poing. Ils ont également annoncé vouloir rendre obligatoire le programme de rachat d’armes d’assaut qui doit entrer en vigueur l’année prochaine.

De son côté, le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, a mentionné à quelques reprises qu’il maintiendrait l’interdiction des armes d’assaut. La plateforme de son parti indique toutefois le contraire.

Des positions qui sont toutefois insuffisantes pour les maires réunis qui veulent que le fédéral prenne ses responsabilités dans le dossier, plutôt que de demander aux villes ou aux provinces d’agir.

«On peut bien ajouter des budgets dans les villes pour combattre le crime, mais on n’y arrivera pas. On va continuer à avoir des fusillades dans les villes parce que le problème se passe aux frontières nationales», a rappelé M. Labeaume.

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