/regional/quebec/chaudiereappalaches

Dissension autour de la réfection de l’église locale: un maire claque la porte

Le maire de Saint-Vallier, dans Chaudière-Appalaches, a démissionné en pleine séance du conseil, mardi soir, sur fond de dissension par rapport au dossier de rénovation de l’église du village.

«La première question [que doit se poser une administration municipale] c’est de savoir si les citoyens veulent de ce projet pour l’avenir», a affirmé en entrevue avec l’Agence QMI, Christian Lacasse, le maire démissionnaire.

Le projet porte sur la transformation de l’église du village en un centre communautaire. Il est subventionné à hauteur de 72,5 %, mais nécessite tout de même un emprunt de près de 2,5 millions $ pour la petite municipalité de 1100 âmes.

M. Lacasse aurait voulu que les gens de Saint-Vallier se prononcent sur la question par référendum et déplore que Québec n’ait pas appuyé cette option, et que le projet aille maintenant de l’avant.

Une pétition comportant 368 signatures avait été acheminée au mois de juillet au bureau de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, lui demandant formellement qu’elle exige que le projet «soit soumis à l’approbation des personnes habiles à voter». Et, le mois précédent, trois anciens maires de Saint-Vallier avaient directement écrit à la ministre Laforest pour lui réclamer la même chose.

Le ministère n’a finalement pas donné suite à ces demandes, ce qui a grandement déçu Christian Lacasse. «Je suis vraiment étonné, je la comprends pas celle-là. C’est très décevant», a mentionné celui qui a démissionné puisqu’il ne pouvait cautionner la manière dont le projet était porté.

«Il me semble que lorsque les gens réclament de pouvoir voter, on devrait les laisser faire», a ajouté M. Lacasse qui n’avait pas appuyé au conseil municipal, au début de l’été, une résolution qui autorisait un emprunt de 2 487 816 $ pour la transformation de l’église.

Cette résolution utilise l'article 1061 du Code municipal du Québec qui permet de soustraire le projet de l'approbation citoyenne en ne le soumettant «qu’à l’approbation du ministre» si «au moins 50 % de la dépense prévue fait l’objet d’une subvention dont le versement est assuré par le gouvernement».

Selon le maire démissionnaire, il y a plus urgent pour la municipalité que la réfection de l’église. «À Saint-Vallier on n’a même pas de réseau d’aqueduc dans le village, tout le monde doit faire creuser un puits. Comment voulez-vous attirer de jeunes familles à s’installer ici?» s’est-il ouvertement questionné au cours de notre entretien, précisant que l’eau courante était certainement «plus essentielle» que la transformation de l’église.

Au moment d’écrire ces lignes, le maire suppléant qui porte le projet de réfection de l’église, Alain Vallières, n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.