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Six fois plus d'intérêt pour la désinformation que les nouvelles crédibles sur Facebook

La désinformation sur Facebook durant les dernières élections présidentielles américaines, en 2020, aurait généré six fois plus d’engagements de la part des adeptes de la plateforme que les nouvelles émanant de sources crédibles. 

C’est ce que montre une étude à paraître qui a été menée par des chercheurs de l’Université de New York et de l’Université Grenoble-Alpes, en France.

Ainsi, d’août 2020 à janvier dernier, soit quelques mois avant et après l’élection ayant élu le démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche en remplacement du républicain Donald Trump, les sites reconnus pour faire dans la désinformation ont obtenu six fois plus d’engagements. Il est ici question de plus de «likes», de plus de partages et de plus d’interactions sur Facebook par rapport à des sources crédibles comme CNN et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ayant obtenu l’étude en primeur avant sa publication, le «Washington Post» rappelle que les «fake news» tant citées par Donald Trump durant sa présidence mouvementée sont devenues une source de préoccupation dès 2016.

L'étude «contribue à ajouter au corpus croissant de preuves que, malgré une variété d'efforts d'atténuation, la désinformation a trouvé un foyer confortable – et un public engagé – sur Facebook», a dit Rebekah Tromble, directrice de l'Institute for Data, Democracy and Politics à l'Université George Washington, après avoir consulté elle aussi les données.

Facebook a offert une réponse au quotidien de la capitale américaine en déclarant que l’étude a mesuré le nombre de personnes qui interagissent avec le contenu, mais qu'il ne s'agit pas d'une mesure du nombre de personnes qui le visionnent réellement. Le quotidien américain met en perspective que Facebook ne dévoile pas ce dernier nombre, appelé «impressions», auprès des chercheurs.

«Cette étude examine principalement la manière dont les gens interagissent avec le contenu. À ne pas confondre avec le nombre de personnes qui le voient réellement sur Facebook», a dit Joe Osborne, un porte-parole de Facebook.

«Quand vous regardez le contenu qui a le plus de portée sur Facebook, cela ne ressemble pas du tout à ce que suggère cette étude», a-t-il ajouté.

Selon lui, Facebook s’appuie sur 80 partenaires qui vérifient les faits dans plus de 60 langues. Ceux-ci s’emploient à étiqueter et à réduire la diffusion des fausses informations.