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Pénurie d'infirmières : Nouvelles mesures à l'Hôtel-Dieu de Lévis

La situation est critique à l'Unité mère-enfant de l'Hôtel-Dieu de Lévis. Dans les derniers jours, plusieurs infirmières ont été forcées de faire des heures supplémentaires obligatoires. Exténuées, certaines ont pris la décision, samedi, de ne pas se présenter au travail.

Samedi soir et pendant la nuit, certains patients ont été transférés et des congés ont été accordés à certains patients, ce qui a eu pour effet de désencombrer les employés en temps supplémentaire obligatoire, qui ont pu terminer plus tôt. 

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Malgré ces mesures, selon le syndicat, le nombre d'infirmières était insuffisant pendant la nuit de samedi à dimanche pour effectuer des accouchements. Dans la mesure du possible, les cas étaient redirigés vers Montmagny, Saint-Georges, Thetford Mines et Québec. Ces mesures ont donné un second souffle aux équipes qui retrouvent progressivement un rythme plus normal.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches a répondu à la situation délicate. 

«Il est vrai que la situation est difficile cette fin de semaine à l'Unité mère-enfant de l'Hôtel-Dieu de Lévis», avoue Geneviève Dion, adjointe du PDG aux communications et relations publiques au CISSS de Chaudière-Appalaches. 

«Le tout s'explique par le fait que plusieurs infirmières se sont absentées. Nous avons connu également un volume plus élevé et exceptionnel du nombre de naissances depuis deux semaines à cette unité. Nous avons cependant stabilisé le tout pour passer à travers la fin de semaine et les prochains jours, par l'apport de ressources de d'autres secteurs du CISSS entres autres. Nous avons aussi une démarche de réorganisation du travail actuellement en cours depuis plusieurs mois et beaucoup de solutions structurantes sont en cours de déploiement», explique-t-elle.

Le CISSS tient d'ailleurs à rassurer la population et les futures mamans qu'elles recevront les soins et les services sécuritaires, propres à leur situation.

Temps supplémentaire obligatoire pour 20 infirmières

De vendredi à samedi, 20 infirmières de l’Unité ont dû prolonger leur quart de travail.

«Il y a des gens qui en 48 heures ont fait 32 heures de temps supplémentaire. C’est inhumain! On ne peut pas continuer comme cela, a déploré Mme Pouliot. Est-ce qu’on peut leur reprocher de ne pas être présentes à leur prochain quart de travail?»

En fin d'après-midi samedi, des discussions avec la direction ont permis de combler les besoins en soirée, tout en limitant les heures supplémentaires.

«Les gens, ça fait un an et demi qu’ils portent le système à bout de bras. On leur demande encore du temps parce que des solutions s’en viennent. Les solutions, il fallait les avoir au jour 1, pas maintenant», a poursuivi la trésorière.

La crise vécue ce week-end en Chaudière-Appalaches s'ajoute à la longue liste d'incidents où des infirmières ont été poussées à bout en raison de la charge de travail trop grande.

Pierre Blain, le président-directeur général des Usagers de la santé du Québec, rappelle que ce manque de personnel implique que les patients ne reçoivent pas les meilleurs soins.

«On n’est pas capable de soigner correctement les gens. On retarde les chirurgies parce qu’on n’a pas suffisamment d’infirmières aux soins intensifs et dans les salles d’opération», a-t-il fait remarquer.

Simon Clark/Agence QMI

Québec Solidaire blâme François Legault 

Vendredi, la députée de Québec solidaire dans Taschereau, Catherine Dorion, a fait une sortie publique sur le sujet. Elle a mentionné qu'après tous les sacrifices faits par les Québécois pour respecter les mesures sanitaires, il est temps que le gouvernement fasse sa part.

«Ça me choque tellement de voir qu’une de nos plus grandes richesses au Québec, notre système de santé, François Legault achève de le “crisser” à terre», a admis Mme Dorion.

Depuis de nombreuses années, les infirmières revendiquent de meilleures conditions de travail.

«La fin du temps supplémentaire obligatoire, des formations rémunérées, des conditions de travail qui ont de l’allure, des ratios patients-infirmière qui ont de l’allure et si tu n’es pas capable de faire cela, fais un plan», a ajouté la députée en claquant des doigts.

La quatrième vague de la pandémie qui bat son plein et la hausse des cas quotidiens de COVID-19 laissent présager le pire pour les prochains mois.

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