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Il loue à une vingtaine d’ex-itinérants

Louis-Marc Gallant

Photo Louis-Philippe Messier

À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.

Un programme d’accession au logement pour anciens sans-abri remporte un franc succès depuis cinq ans. Je suis allé à Rosemont pour rencontrer un propriétaire qui y participe avec enthousiasme.

Avant même que j’échange avec l’homme que je suis venu voir, un de ses locataires, qui nous accompagne sur le trottoir, me raconte à quel point c’est incroyable de se retrouver en logis après 15 ans dans la rue. 

« Au début, je couchais par terre, malgré mon lit, et j’avais l’impression d’être un intrus », me raconte Normand Vernier, 45 ans, qui a pu trouver un appartement grâce au Projet Logement Montréal (PLM), un programme chapeauté par les principaux refuges du centre-ville, soit la Maison du Père, l’Accueil Bonneau, la Mission Bon-Accueil et la Old Brewery Mission.

Normand Vernier

Photo Louis-Philippe Messier

L’immeuble de la 25e Avenue où M. Vernier habite depuis maintenant quatre ans n’est pas un HLM ou une unité à vocation spéciale. Pour son trois et demi, celui qui mendiait au métro Berri a signé un bail en bonne et due forme. Il est l’un des quelque 550 ex-itinérants de Montréal qui depuis 2016 ont pu trouver un logement grâce au PLM.

« Sans ça, je restais dans la rue ou je collais aux refuges », avoue-t-il, conscient qu’aucun propriétaire ne lui aurait fait confiance en raison de ses antécédents. 

M. Vernier reçoit régulièrement la visite d’un intervenant du PLM qui s’assure que tout va bien pour lui. Sa part de loyer est fixée à 25 % de ses revenus, soit environ 175 $. Le PLM couvre la différence. 

Joueur étoile  

Le propriétaire de Normand Vernier a aussi signé des baux avec une vingtaine d’autres anciens itinérants répartis dans différents immeubles. Il s’appelle Louis-Marc Gallant, 52 ans. La compagnie dont il est copropriétaire, AB4G Immobilier, détient le record absolu de participation au Projet Logement Montréal.

« Je crois dans la réinsertion, je suis heureux d’aider ces gens, et mes associés et moi demandons des prix raisonnables qui conviennent au programme », m’explique M. Gallant qui ne juge pas si exceptionnel ce qu’il fait là.

« J’accepte de te parler parce que je veux faire connaître le Projet Logement Montréal et encourager d’autres à y participer », dit-il humblement.

Bernard Déry

Photo Louis-Philippe Messier

En 2016, M. Gallant annonçait un appartement à louer dans Kijiji. Au lieu d’un locataire potentiel, il a reçu un appel d’Alexandre Champagne, le coordonnateur du PLM, qui lui a expliqué le projet et les mesures pour rassurer les proprios participants en cas d’ennuis.

Soutien  

« Nous payons les réparations en cas de dommages, nous versons l’essentiel du loyer et, même si le locataire cesse de payer sa part, c’est mieux que pas de revenus du tout, le temps que ça se règle à l’amiable ou devant la Régie », résume M. Champagne.

Le PLM a déjà payé plus de 6000 $ pour réparer un appartement qu’un participant catastrophique avait saccagé.

« Si ça se passe mal, l’un de nos 32 intervenants vient voir le participant difficile », dit. M. Champagne.

« Les réparations payées au besoin et la certitude que l’essentiel du loyer sera toujours versé compensent les inconvénients », assure M. Gallant.

En espérant que son altruisme inspire d’autres propriétaires ! 

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