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«Mes numéros marquants»: les humoristes relisent leurs débuts

Joël Lemay / Agence QMI

Pendant la pandémie, Jean-Michel Anctil a vu ses collègues humoristes multiplier les prestations sur les médias sociaux, et s’est demandé comment lui-même pouvait contribuer au mouvement virtuel. De son remue-méninges est né un concept d’émission de télévision, «Mes numéros marquants», dont la première saison de 10 épisodes est déjà disponible sur la plateforme Vrai, de Vidéotron. 

Grand consommateur de livres audio, Jean-Michel Anctil a ainsi eu l’idée, lors du premier confinement de mars 2020, de déterrer les textes de son premier «one-man show», lancé en 1996, pour les lire à sa communauté virtuelle, en racontant souvenirs et anecdotes pour ajouter un peu de viande autour de l’os.

Et c’est exactement cette prémisse qu’il reprend dans «Mes numéros marquants», en invitant des amis humoristes (Rachid Badouri, Cathy Gauthier, Claude Meunier, P-A Méthot, François Bellefeuille, Laurent Paquin, Martin Petit, etc.) à lire à la caméra leur tout premier numéro, le numéro qui les a fait connaître du public et le numéro dont ils sont le plus fiers.

Étonnantes confidences  

Non, ces trois catégories ne se recoupent chez aucun participant, et les réponses ne sont pas toujours celles auxquelles on s’attend. Et des confidences attendrissantes ou rigolotes jaillissent souvent de l’exercice.

«Mariana Mazza, le numéro qui l’a fait connaître, c’est celui du sable dans le vagin, mais celui dont elle est le plus fière, c’est celui du spectacle-bénéfice pour Lac-Mégantic au Centre Bell, en 2013, décrit Jean-Michel Anctil. Ce numéro a eu un impact sur la suite de sa carrière et sa façon de jouer. Je m’attendais à retrouver une Mariana frondeuse, et finalement, elle était émue et touchée de revivre ses débuts.»

«Michel Barrette, lui, son numéro dont il est le plus fier, c’est celui du suicide, et pendant la lecture, il a dû s’arrêter parce qu’il était trop touché. Dominic Paquet m’a presque fait mourir de rire sur ma chaise! Et les plus jeunes vont pouvoir découvrir les débuts de Claude Meunier.»

«La plupart des humoristes, on n’aime pas se revoir à nos débuts, parce qu’on remarque juste les défauts. Mais il y a souvent beaucoup d’affaires qu’on avait oubliées. François Bellefeuille ne se souvenait plus du procédé de son numéro du faucon, et il s’est rappelé que c’était bon. Pour le public, c’est aussi intéressant de constater l’évolution des humoristes», ajoute Jean-Michel, précisant que son rendez-vous n’est pas «une émission d’extraits». Oui, quelques clips d’archives se glissent ici et là dans les épisodes, mais la lecture des gags et les discussions avec les convives constituent le squelette de «Mes numéros marquants».

«C’est assez dynamique, et moi, je "tripe" comme un fou, parce que je suis bon public et "fan" des humoristes québécois. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire ça!»

Se renouveler  

Alors qu’on ne se tannera jamais d’entendre un chanteur réinterpréter ses grands succès à chaque spectacle, le public est généralement plus exigeant envers les humoristes, qui doivent sans cesse créer du nouveau contenu pour ne pas se faire taxer d’être paresseux. Une réaction compréhensible, estime Jean-Michel Anctil, qui ne carbure lui-même pas «pantoute», dit-il, à la nostalgie.

«Moi, si je faisais constamment le même numéro du personnage de Râteau, il n’y aurait plus de surprise. Les gens aiment revoir le personnage, mais aussi qu’il apporte quelque chose de nouveau. Quand on me demande de participer à des galas ou des événements en me disant qu’on peut y présenter de vieux numéros, je refuse, parce que je vais avoir l’air de ne pas me renouveler, et je ne veux pas ça.»

Jean-Michel Anctil rêve déjà d’une deuxième saison de «Mes numéros marquants», où il aimerait recevoir des personnalités comme Lise Dion, Patrick Huard, Martin Matte, Katherine Levac et RBO. Il n’attend que l’aval des dirigeants de Vrai.

Les abonnés Hélix de Vidéotron peuvent déjà découvrir «Mes numéros marquants» sur Vrai (gratuitement pendant trois mois). La plateforme sera bientôt accessible à tous, clients de Vidéotron ou pas, au coût de 10 $ par mois.

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