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Tentative d'immolation: suffisamment de ressources en santé mentale à Saguenay?

La tentative d’un homme de s’immoler par le feu, vendredi soir à Saguenay, soulève des questions sur les problèmes de détresse humaine et de ressources en santé mentale dans la région.

• À lire aussi: Un homme se met en feu à Saguenay: le BEI ouvre une enquête

Lundi matin, les traces des flammes étaient encore visibles au sol, en face du palais de justice sur la rue Racine dans l’arrondissement de Chicoutimi, mais aussi 200 mètres plus loin, à la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi, qui était fréquentée par l’homme désespéré de 46 ans.

Le malheureux a subi des blessures graves et a dû être transféré dans un hôpital de Québec.

Étant donné que l'homme a posé son geste en présence de quatre policiers, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) se penchera sur cet événement. Les quatre agents du Service de police de Saguenay ont reçu un soutien psychologique à la suite de leur intervention troublante. Ils seraient maintenant tous en bonne disposition.

«Ç'a été un choc. Ç'a été une situation extrême», a affirmé le directeur général de la Maison, Michel St-Gelais.

Ce dernier estime que le geste dramatique posé par l'homme témoigne d'un contexte à prendre très au sérieux.

«On est en situation de débordement. On est en situation d'extrême détresse, de vulnérabilité. Toxicomanie, santé mentale, judiciarisation; la tension est lourde depuis maintenant plus de deux ans, a exposé le directeur général. On est dans un principe où on est débordé, où on ne sait plus à qui se fier, finalement. Tous les services sont mobilisés, mais la détresse nous dépasse. Les personnes sont actuellement dans un cycle où on ne voit pas comment on peut s'en sortir parce que l'accès au logement est pratiquement impossible. Même l'accès à l'emploi dans une période où on manque de ressources humaines, où on manque de main-d’oeuvre, c'est difficile. La réinsertion est vraiment mise à mal depuis une couple d'années. »

Il réclame donc plus de ressources et de soutien en santé mentale, entre autres.

«Ce qu'on a besoin, ce sont des ressources humaines qui vont être formées, qui vont être maintenues en emploi, qui vont être attirées dans notre organisme. C'est très difficile parce que la situation financière ne permet pas d'offrir des salaires à la hauteur des McDonald's, par exemple.»

La ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, André Laforest, s'inquiète pour la santé de l'homme. «C'est très triste. J'espère que la personne va quand même bien.»

Aux demandes de la Maison d’accueil pour sans-abri, elle rappelle que le déménagement de cet organisme sera bientôt annoncé, vraisemblablement dans le couvent des sœurs du Très-Saint-Sacrement.

Mais lors de ce transfert, est-ce que les services suivront? «Je veux dire à M. Saint-Gelais que je suis avec lui, a indiqué la ministre. Il y a des demandes financières qui sont acceptées, mais ça touche le Patrimoine, les Affaires municipales. Ça touche le CIUSSS, le ministère de la Santé.»

La ministre croit possible que le déménagement soit complété avant l'hiver. «L'endroit que l'on a choisi, les gens seront bien. Il y aura assez d'espace et l'hiver, il n'y aura pas de débordements.»

Michel St-Gelais, qui se réjouit d’avoir une nouvelle adresse, doute que tout ce mouvement soit complété avant la saison froide, notamment parce qu’il y a des travaux d’aménagement à faire et une procédure d’appels d’offres à respecter.

«Je ne suis pas un expert en soumission, un expert en rénovation. Cependant, je ne vois pas comment on pourrait adapter un lieu aussi rapidement avant l'hiver», a déclaré M. St-Gelais.

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