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Il faut sauver la rentrée!

Depuis peu, les étudiants de partout au Québec sont de retour sur les bancs d’école, et grâce au vaccin, en personne. Malgré un taux de vaccination d’ailleurs important, les mesures restent strictes: le port du masque est exigé même une fois assis en classe, les distances physiques font toujours loi. Il n’en demeure pas moins qu’il fait bon de retrouver la vie étudiante en vrai, loin de l’enfer des cours en ligne.  

Comme quoi l’université et le cégep ne sont pas que des lieux de formation, mais aussi de rencontre. C’est lors de ce parcours qu’un jeune apprend à tisser des amitiés importantes et à faire la rencontre de gens de divers horizons qui lui font ouvrir l’esprit. Le woke, par exemple, doit composer avec le modéré qui lui fait face: il ne peut plus se contenter de fermer son écran. 

Le confort de leur chez soi...

Or, malgré cette belle rentrée en personne, on en trouve, parmi les natures pantouflardes, pour plaindre ce retour en classe. Quoi? On les extirpe de leur lit? On les force à enfiler autre chose qu’un pyjama? Comment osons-nous! Malgré leur bonne santé, leur jeune âge et leurs deux doses, on les voit parler de leurs craintes d’une contamination. Leur souhait le plus cher: retrouver le confort de leur chez soi, à déjeuner devant leur ordinateur pendant les cours. Ils nous vantent ainsi l’économie de transport et le temps gagné. Dans un monde idéal, ils ne sortiraient pratiquement plus de chez eux, l’existence se menant essentiellement en ligne, éloignés de leurs semblables. 

Entendons-nous: notre société sera toujours habitée par des casaniers. Le but n’est pas de les insulter ou de les stigmatiser. Ici, le problème vient lorsque les directions d’école demeurent attentives à leurs discours. 

Pour une administration d’école et pour le corps professoral, la formule des cours en ligne présente des avantages évidents. L’affaire est que le fait de recevoir un cours sur le mode virtuel ne correspond en rien à ce que représente l’essence d’une école. Si nous tenons encore en l’idée de faire civilisation, nous devrions comprendre que l’école doit être placée au centre de l’épanouissement collectif. En ce sens, la manière d’instruire doit toujours se faire sous les meilleures conditions possibles pour un jeune esprit en formation. Des cours de plusieurs heures devant un écran, face à une image de professeur qui bogue et dont le son est coupé de temps à autre, ne correspond pas à ces bonnes conditions. 

En classe svp

En personne, l’étudiant ressent la présence du professeur, sa passion dans la voix et son regard qui cherche à capter l’attention de tout un chacun. En classe, il apprend à nouer des liens et à cultiver la camaraderie. Il découvre en l’école un lieu où il fait bon vivre, où les ressources sont présentes en grand nombre à la bibliothèque, où il peut s’impliquer dans divers regroupements étudiants. La classe virtuelle prive l’étudiant de cette richesse incommensurable. Le confort de la chaumière n’égale en rien la beauté du lien humain et ce qu’il ouvre comme perspectives. Nous ne devons jamais déconsidérer l’importance de la présence des autres dans nos vies. Nous n’existons que dans la mesure où nous sortons de nous-mêmes pour nous tourner vers l’autre. La vie humaine ne saurait se résumer à se replier comme une chenille bien au chaud dans son cocon, à l’abri de tous. C’est pour toutes ces raisons que nous devons sauver la rentrée. 

Photo courtoisie

Philippe Lorange, Étudiant à la maîtrise en sociologie – UQÀM Saint-Hyacinthe

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