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La Californie vote sur l'avenir de son gouverneur démocrate

La Californie va-t-elle conserver son gouverneur démocrate, fragilisé par la crise de la COVID et des incendies géants ? Le sort de Gavin Newsom était suspendu au vote mardi des habitants du plus peuplé des États américains.

Prenant très au sérieux ce référendum, organisé dans l'équivalent de la cinquième puissance économique mondiale, le président Joe Biden est venu lundi en Californie soutenir M. Newsom.

Grâce à une disposition de la Constitution californienne, des électeurs mécontents ont obtenu ce «scrutin de rappel» du gouverneur démocrate âgé de 53 ans, après avoir recueilli plus de 1,5 million de signatures.

Les partisans du référendum dénoncent des impôts excessifs, une «élite» démocrate perçue comme méprisante et des libertés individuelles bafouées par les autorités depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Les bureaux de vote ferment à 20h00 heure locale, mais de nombreux électeurs ont déjà voté par anticipation.

Quelque 22 millions d'électeurs ont le choix entre 46 candidats, en grande majorité républicains, dont l'animateur radio ultraconservateur Larry Elder, donné favori parmi les concurrents de M. Newsom, l'icône transgenre Caitlyn Jenner, célèbre pour son appartenance au clan Kardashian, et une multitude d'autres plus ou moins farfelus.

«Je n'aime pas particulièrement Newsom (...), mais n'importe qui vaut mieux pour la Californie que Larry Elder et les autres candidats conservateurs», affirme Jake, 38 ans, interrogé par l'AFP à la sortie d'un bureau de vote de Los Angeles.

Il a voté «non» à la révocation du gouverneur.

«Ce référendum est ridicule. J'ai calculé que même si chacun des électeurs vote effectivement, ça coûtera plus de douze dollars par bulletin... Les candidats conservateurs et leurs partisans se plaignent des impôts trop élevés, mais ils gaspillent notre argent comme ça», lance-t-il en claquant des doigts.

Le coût du référendum est estimé à près de 280 millions de dollars par les autorités.

C'est précisément pour des raisons financières que Mary Beth, propriétaire d'un commerce, dit avoir voté pour la révocation du gouverneur démocrate.

«J'ai le sentiment d'avoir le choix et je veux saisir l'occasion pour me débarrasser de Newsom. Le virus a plongé l'économie dans le chaos et il a encore empiré les choses avec ses mesures de confinement, ses obligations sanitaires», estime l'électrice de 63 ans, sans vouloir révéler à quel candidat elle avait donné sa voix cette année.

«Le clone de Donald Trump»

Sur le papier, Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018, dont le mandat ne s'achève que l'an prochain, ne risque pas grand-chose dans un État acquis aux démocrates.

Mais le renfort de Joe Biden montre que le parti est conscient qu'une révocation surprise est toujours possible, surtout si la participation s'avère faible.

Il y a 18 ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie en faisant chuter le gouverneur démocrate de l'époque.

Larry Elder, «c'est le clone de Donald Trump. Pouvez-vous l'imaginer gouverneur de l'État?», a lancé le président Biden lors d'une réunion lundi soir à Long Beach, au sud de Los Angeles.

Il a agité le spectre de tout ce qui changerait selon lui si Larry Elder était aux commandes: obligations sanitaires et vaccinales contre la COVID-19, «respect des femmes» et de leur droit à l'avortement, lutte contre le changement climatique que cet Afro-américain de 69 ans a qualifié par le passé de «mensonge», salaire minimum qu'il veut voir disparaître...

Gavin Newsom est un rempart contre «les sombres politiques, destructrices et sources de discorde, de Donald Trump», a-t-il lancé.

L'ancien président républicain a ainsi brandi le spectre de la fraude électorale lors du vote par anticipation, comme il l'avait fait après sa défaite face à Joe Biden, une accusation jamais étayée en justice.

Le vote n'est pas encore terminé que la plupart des Républicains en lice dans le référendum ont repris à leur compte ces accusations de fraude. Larry Elder a jusqu'à présent refusé de dire s'il accepterait les résultats du scrutin. Il a même lancé lundi un site internet invitant ses partisans à dénoncer toute irrégularité dont ils seraient témoins afin de préserver «l'intégrité» du vote.

Derrière ce référendum se joue un clivage qui dépasse largement la Californie, entre un électorat démocrate qui soutient le programme progressiste et les mesures anti-COVID de Joe Biden, et un camp conservateur qui lui reproche le confinement strict décidé au printemps 2020 et se méfie des velléités interventionnistes des pouvoirs publics dans n'importe quel domaine.

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