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Le «deuil reporté», une nouvelle réalité pour les thanatologues du Québec

Les thanatologues du Québec sont réunis en congrès à Saguenay pour discuter de l'avenir de l'industrie et de cette nouvelle réalité qu'est le «deuil reporté».

Cette expression ne faisait d'ailleurs pas partie du vocabulaire du monde funéraire avant la pandémie.

La COVID-19 a mené la vie dure aux familles endeuillées, mais aussi à ceux et celles qui travaillent au quotidien à les accompagner.

«Le deuil reporté, c'est un deuil qui ne se fait pas, mais qui devra se faire un jour ou l'autre, a expliqué le titulaire de la chaire Jean-Monbourquette de l'Université de Montréal, le Dr Jean-Marc Barreau qui s'est penché sur ce phénomène à la demande de la Corporation des thanatologues du Québec.

Les résultats de ses travaux démontrent que 90 pour cent des personnes qui ont perdu un proche pendant la pandémie n'ont toujours pas fait leur deuil, à défaut notamment d'avoir pu organiser une cérémonie funéraire dans les jours suivant le décès.

«Malgré le fait que ces personnes aient un besoin pressant de faire leur deuil, elles disent vouloir faire les funérailles plus tard pour différentes raisons», a constaté M. Barreau.

La directrice générale de la Résidence funéraire du Saguenay, Brigitte Deschênes, a été témoin de la détresse des familles endeuillées.

«J'ai de l'amertume de ne pas avoir été entendu par le gouvernement quand je leur demandais d'assouplir les consignes sanitaires dans nos installations, mais aussi beaucoup de peine pour les familles», a indiqué celle qui est aussi la présidente du comité organisateur du 65e congrès des thanatologues du Québec.

«73 % de nos familles ont accepté de vivre un rituel avec le web, a précisé Mme Deschênes. C'est tout un changement dans notre industrie.»

Pour Jean-Marc Barreau, ce n'est que le début.

«Les jeunes passent leur temps sur le téléphone et ça fait partie de leur génération et en même temps, il y a d'autres facteurs comme l'immigration.»

Les entreprises spécialisées dans le domaine ont su adapter leur offre de service à cette nouvelle réalité.

C'est le cas de la compagnie Funeraweb dont le siège social est à Québec.

«On avait une pénétration dans les salons funéraires du Québec qui était autour de 40 pour cent avant la pandémie, a expliqué sa vice-présidente, Chantal Lepage. Aujourd'hui on a presque triplé l'installation de nos équipements dans les chapelles.»

La pandémie lui a amené des clients de partout au Canada.

«On ne remplacera jamais la présence en personne et on n'a pas cette prétention, mais on est sans aucun doute un complément», a soutenu Mme Lepage.

L'entreprise dispose d'installations qui lui permettent de webdiffuser dans 360 emplacements différents.

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