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Pénurie d’infirmières: «il faut penser en dehors du cadre»

Face à la pénurie de personnel dans le réseau de la santé, l’ex-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), souhaite voir le gouvernement sortir des sentiers battus.

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En entrevue à l’émission La Joute en Prolongation, Régine Laurent a critiqué la réaction du ministre Christian Dubé qui a annoncé mardi que certains hôpitaux devraient effectuer du délestage au cours des prochains jours.

Selon l’ex-infirmière, il faut penser en dehors du cadre.

«On est dans le délestage par-dessus le délestage déjà existant à cause de la pandémie» affirme Régine Laurent.

Sur le long terme, cette dernière demande au gouvernement de faire une réelle planification de la main-d’œuvre, une stratégie qui n’a pas été effectuée au cours des 15 dernières années, note-t-elle.

Une vision à long terme doit être élaborée, estime Régine Laurent.

«Attirer et former une infirmière ou une inhalothérapeute, c’est minimalement trois ans. On ne peut pas dire qu’on aura de nouvelles infirmières la semaine prochaine. Ce n’est pas possible», clame l’ex-présidente de la FIQ.

Des solutions à court terme  

Régine Laurent est aussi d’avis que plusieurs stratégies peuvent et doivent être envisagées rapidement afin de soulager le réseau de la santé.

Elle propose notamment que le temps supplémentaire des infirmières ne soit pas imposé.

«Ce qu’elles disent, c’est ‘’je suis pognée pour faire 16 heures, puis quand je regarde ma paye, les trois quarts sont partis en impôts’’», indique Régine Laurent.

La syndicaliste aimerait aussi que le gouvernement consulte les soignantes sur le terrain afin de trouver des pistes de solutions.

Régine Laurent se dit convaincue que le personnel en place a plusieurs idées qui auraient avantage à être entendues.

Encore faut-il que les infirmières soient véritablement écoutées, note-t-elle toutefois.

«Le ministère de la Santé et des Services sociaux est très frileux à tout ce qui n’a jamais été fait», affirme Régine Laurent.

S’inspirer des anglophones  

Cette dernière estime aussi qu’un changement de philosophie s’imposer chez les gestionnaires.

Selon Régine Laurent, il y aurait de nombreux avantages à s’inspirer de la pratique des hôpitaux anglophones.

Elle mentionne notamment que les gestionnaires anglophones ont davantage tendance à accommoder les infirmières qui doivent s’absenter du travail pour des raisons familiales.

De manière générale, les dirigeants affichent un plus grand respect du personnel, note l’ex-présidente de la FIQ. 

«Pourquoi est-ce que, dans le milieu francophone, on n’a pas plus de ces façons de faire différentes et surtout de cette valorisation des professionnels en soins?», s’interroge Régine Laurent.

Dans le réseau francophone, les membres du personnel ont généralement le même type d’horaire, observe Régine Laurent. Une pratique à revoir, selon elle.

«J’invite le ministre Dubé à faire tout ce qu’il peut pour donner de l’espoir, parce qu’on en a besoin dans le réseau de la Santé. Mais je lui dis aussi ‘’Attelez-vous, parce que ça ne sera pas facile de faire des changements au Ministère de la Santé», conclut Régine Laurent.

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