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Un premier entrepôt canadien d’Amazon tente de se syndiquer

Des employés d’un entrepôt d’Amazon situé en périphérie d’Edmonton, en Alberta, ont lancé mardi une campagne de syndicalisation. Une première au Canada pour le géant américain du commerce en ligne. 

• À lire aussi: Recrutement massif et hausse de salaire chez Amazon Canada

«L’entreprise a de maintes fois prouvé qu’elle est profondément opposée aux intérêts des travailleuses et des travailleurs, que ce soit en matière de sécurité d’emploi, rythme du travail, discrimination, favoritisme, ou de salaires», a indiqué le président du syndicat Teamsters Canada, François Laporte.

C’est un groupe affilié à ce syndicat qui tentera d’unir les employés de l’entrepôt de Nisku, à un jet de pierre de l’aéroport d’Edmonton.

Une première nord-américaine

Pour l’instant aucun entrepôt nord-américain de l’entreprise fondé par le milliardaire Jeff Bezos n’est syndiqué.

Selon nos informations, du travail est fait au Québec pour tenter de syndiquer les travailleurs, mais l’attitude d’Amazon envers les regroupements de travailleurs rend la tâche difficile.

Plus tôt cette année, une tentative de syndicalisation a échoué en Alabama après une campagne houleuse.

Plusieurs employés ont fait état de pressions pour renoncer à former un syndicat. Des messages textes ont été envoyés à tous les employés et des réunions obligatoires sur la syndicalisation ont même été organisées par l’employeur.

Le syndicat des Teamsters craint qu’Amazon adopte une approche similaire en Alberta et «tente activement de contourner les règles».

«L’entreprise ne peut plus tout simplement faire des congédiements sans motif valable, ou changer de façon unilatérale les conditions de travail dans l’entrepôt. La coercition, l’intimidation, les menaces, les promesses et l’influence indue sont strictement prohibées», a fait savoir Bernie Haggarty, de l’exécutif syndical local.

Conditions difficiles

Amazon est en pleine expansion au Québec et ailleurs au pays. L’entreprise a annoncé lundi vouloir recruter 15 000 employés au Canada et s’est engagée à hausser ses salaires pour qu’ils soient entre 17 et 21,65$ de l’heure.

En juin, notre Bureau d’enquête révélait les conditions de travail dans les entrepôts d’Amazon au Québec dans un documentaire intitulé L’envers d’Amazon.

En plus de devoir respecter un rythme de travail effréné, les employés sont monitorés en temps réel sur leur performance et sont constamment filmés.

De plus, nous révélions que plusieurs clauses du contrat de travail d’Amazon à l’entrepôt de Lachine vont à l’encontre des lois québécoises sur le travail.

La demande de syndicalisation a été déposée auprès de la Commission des relations du travail de l'Alberta qui doit statuer sur sa conformité.

Si 40 % des employés ont bel et bien donné leur appui au mouvement syndical, un vote se tiendra dans les prochains mois.

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