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Usage réservé au transport collectif: la seule solution acceptable pour le 3e lien

Le projet de troisième lien promu par le gouvernement entre les centres-villes de Québec et de Lévis comporte deux voies dans chaque direction pour les voitures et une pour le transport en commun. En mortaise, la couverture du livre des chercheurs.

Illustrations courtoisie

Le projet de troisième lien promu par le gouvernement entre les centres-villes de Québec et de Lévis comporte deux voies dans chaque direction pour les voitures et une pour le transport en commun. En mortaise, la couverture du livre des chercheurs.

Si le gouvernement tient à construire un tunnel entre Québec et Lévis, la seule solution acceptable pour réduire la congestion est de le réserver au transport collectif, concluent des chercheurs dans un livre publié ces jours-ci.

Jean Dubé, Jean Mercier et Emiliano Scanu, chercheurs à l’Université Laval, publient le livre Comment survivre aux controverses sur le transport à Québec.

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Grâce à une revue de la science, à des entrevues avec des acteurs du milieu et à un historique des enjeux de transport dans la région, ils analysent les deux projets majeurs à Québec, le tramway et le troisième lien. 

Il est à prévoir qu’un éventuel troisième lien autoroutier aura un « impact économique somme toute assez marginal au sein de la région métropolitaine de Québec », affirme l’ouvrage.

Mais si l’on veut bien connecter la région, notamment la Rive-Sud, « il ne faut pas exclure trop rapidement l’idée du troisième lien », écrit le professeur et économiste Jean Dubé, qui propose un tunnel uniquement réservé au transport collectif. 

« On sait qu’on ne règle jamais le problème de trafic en ajoutant des autos, martèle-t-il en entrevue. Si on veut un troisième lien, voici la solution la plus acceptable. »

Moins d’impacts  

Cela permettrait de réduire les impacts négatifs et d’accentuer les bienfaits.

Par exemple, on évite la marginalisation du centre-ville historique de Lévis, on incite les automobilistes à faire le saut vers le transport en commun, on retire des voitures de la route, on crée une infrastructure moins coûteuse puisqu’elle nécessite moins de voies et empiète moins sur l’espace urbain à son entrée et à sa sortie, énumère le chercheur.

Cette idée a aussi été défendue par le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées sur le milieu (GIRAM), ainsi que par le candidat à la mairie de Québec Jean Rousseau.

« Il serait impensable de structurer tous les déplacements à Québec autour du transport en commun, mais leur plus grande utilisation pourrait faire baisser la pression sur les embouteillages routiers et autoroutiers, et ce sans ajouter de nouvelles structures pour automobiles », énonce le bouquin.

L’électorat visé  

M. Mercier souligne cependant que le gouvernement de la CAQ, promoteur du projet, a un électorat qui habite en banlieue et qui est « demandeur en termes d’infrastructures routières, les plus pratiques pour [lui] ».

Il note qu’avec le changement de tracé, pour rejoindre les deux centres-villes, il « se situe dans des zones plus denses et plus adaptables au transport en commun ».  

Le 3e lien est évalué à entre 6 et 10 G$. Les coûts finaux seront connus en 2025.

Des extraits du livre  

« Le projet [de troisième lien] n’a probablement pas fait l’objet d’une étude sérieuse qui aurait aidé à anticiper plusieurs problèmes et conséquences : il est actuellement basé sur des souhaits de navetteurs, sur des positions idéologiques et politiques et sur des arguments partisans. »

« Il semble que l’option du lien souterrain par transport en commun s’avère une option intéressante. Il ne s’agit donc pas de s’opposer systématiquement à la proposition d’un troisième lien, mais plutôt de mieux réfléchir à la forme que devrait prendre cette proposition. »

Comment survivre aux controverses sur le transport à Québec ?, Jean Dubé, Jean Mercier, Emiliano Scanu, Septentrion, 2021.

  

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