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Élection fédérale et climat: aucun parti politique n’est à la hauteur

GES

Photo Fotolia

Même si l’environnement est le principal enjeu, et de loin, pour les citoyens québécois (2 fois plus que pour le roc) selon les dernières données, aucun parti politique à l’élection canadienne n’est à la hauteur face à l’urgence climatique.  

C’est maintenant un état de fait reconnu par tous, la campagne électorale ne changera rien à la crise climatique. L’incapacité des partis fédéraux à prendre le taureau par les cornes est flagrante. Que ce soit Justin Trudeau champion des subventions aux pétrolières et des autorisations de pipelines avec particulièrement l’achat du pipeline de TransMountain et son expansion ou le duo Parti conservateur- Bloc québécois qui appuie le projet de tunnel Québec-Lévis ou encore le NPD qui n’ose pas dire ce qu’il fera du pipeline de TransMountain, la crise climatique n’est clairement pas leur priorité. 

Quant au Parti vert, son objectif de -60 % des GES par rapport au niveau de 2005 (49 % par rapport à 1990), n’est pas appuyé par des mesures concrètes démontrant le sérieux de leur engagement. Il est d’ailleurs surprenant qu’ils perpétuent le subterfuge de Harper en conservant l’année de référence de 2005 au lieu de 1990 comme l’ensemble du milieu climatique. 

Des rapports alarmants

On ne peut plus nier l’évidence. La crise climatique est commencée et ne fera que s’amplifier si rien n’est fait. Plusieurs rapports alarmants ont fait les manchettes récemment. Le rapport du GIEC démontre que le statut quo ce n’est pas une option, c’est une catastrophe. Même L’Agence internationale de l’énergie prône maintenant la fin des investissements dans les puits de pétrole et de gaz. Cette agence pourtant très proche des pétrolières ne peut plus nier la crise actuelle. 

Chaleur extrême cousant des morts, inondations, tornades, feux de forêt dont l’intensité est décuplée autant d’indices qui devraient réveiller les partis politiques. Malheureusement, aucun parti politique du Canada, n’est sérieux quant aux moyens qui se doivent d’être musclés et radicaux pour réduire le réchauffement climatique. 

Aucun parti ne propose de faire du climat, la loupe à travers laquelle toutes les décisions économiques seront prises. Là est la clé du succès. Aucun résultat significatif ne pourra être atteint sans remettre en question la vision économique extractiviste et archaïque qu’est celle du Canada. 

Au Canada se sont les grandes pétrolières et leurs suites (banques, consultants, investisseurs, sous-traitants) qui dictent l’agenda politique. Il est urgent de sortir de cette dynamique toxique en récupérant tous nos moyens d’actions qui ont été confiés trop longtemps au pallier fédéral pour les rapatrier au complet au Québec afin que notre argent et nos représentants arrêtent d’appuyer directement ou indirectement l’industrie fossile et qu’ils soient au service de notre volonté collective d’agir avec force pour contrer les changements climatiques. 

L’Ouest canadien pèse lourd dans la balance du pouvoir au Canada. La volonté environnementaliste du Québec ne peut que se diluer dans la volonté pro-pétrole et gaz de l’Ouest et de l’Ontario. Nous n’avons pas le temps d’attendre le jour où les réserves fossiles ne seront plus profitables pour leurs actionnaires pour changer de cap. C’est maintenant qu’il faut agir. 

Un choix pour l’avenir

Acceptons de rompre avec notre dépendance au Canada pétrolier afin de choisir la santé et l’avenir de notre peuple et de la planète. Accéder au statut de pays est le moyen le plus efficace pour mettre fin aux énergies fossiles sur l’ensemble de notre territoire, continuer et intensifier la voie des énergies vertes et de la décarbonisation de notre économie afin de devenir un modèle dans la lutte mondiale pour la justice climatique. Oui, dans le concert des nations, avec notre volonté, notre expertise, notre savoir-faire, nous pouvons faire une différence et inspirer par notre succès les pays les plus réticents à mettre le cap, eux aussi, sur la justice climatique. 

Photo courtoisie, Sebastienventura.com

Martine Ouellet, chef Climat Québec et ex-Ministre des Ressources naturelles

Photo courtoisie

Catherine Bouchard-Tremblay, activiste environnementale

Patrick Bourgeois, photographe animalier et guide de plongée

Roxanne Cloutier, finissante en sciences environnementale

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