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Le VPH augmenterait le risque d'accouchement prématuré

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Une infection persistante à certains types du virus du papillome humain (VPH) chez les femmes enceintes pourrait augmenter les risques d'accouchement prématuré, révèle une étude québécoise publiée mercredi dans la revue JAMA Network Openune.

L’étude dirigée par Helen Trottier, chercheuse au CHU Sainte-Justine et professeure à l’Université de Montréal, représente une avancée importante dans le domaine, sachant que le VPH est l'une des infections transmissibles sexuellement les plus répandues au Canada et dans le monde.

«Notre étude montre qu’une infection persistante par le VPH de type 16 ou 18 jusqu’au troisième trimestre de grossesse est associée à un risque d’accouchement prématuré. Sachant que les naissances avant terme demeurent une cause majeure de mortalité périnatale et de morbidité, ces résultats sont préoccupants», a souligné Helen Trottier.

L’équipe de recherche s’est appuyée sur les données recueillies auprès de 899 femmes enceintes recrutées à travers la cohorte HÉRITAGE entre 2010-2016 au CHU Sainte-Justine, au CHUM et au Centre hospitalier de St Mary.

«Nous avons prélevé des échantillons vaginaux durant les premier et troisième trimestres de grossesse afin de réaliser des tests de génotypage permettant d’identifier les types précis de VPH présents. La présence de VPH a été décelée chez 378 participantes (42 %)», a précisé Joseph Niyibizi, qui a travaillé sur le projet dans le cadre de son doctorat à l’École de santé publique de l’UdeM et qui est premier auteur de l’étude. «Comparativement aux femmes non infectées, le risque d’accouchement prématuré s’est trouvé triplé chez les femmes enceintes ayant une infection persistante par le VPH 16 ou le VPH 18», a-t-il poursuivi.

Une infection par l'un de ces types de VPH à risque élevé peut en effet entraîner des modifications ou des anomalies dans les cellules infectées et mener au cancer. Le VPH 16 et le VPH 18 sont à eux seuls à l’origine de 70 % des cas de cancer du col utérin. Très souvent, les personnes infectées n’ont pas de symptômes ou de lésions apparentes. L’infection passe donc sous le radar, ont mentionné les chercheurs.

Cette découverte, dont les résultats ont été publiés mercredi dans la revue JAMA Network Open, est en fait porteuse d’espoir, puisqu’un vaccin efficace contre le VPH existe, et pourrait permettre d’éviter les naissances prématurées liées à cette infection.

L’étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada.

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