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L’histoire méconnue des 13 frères dans la même équipe de hockey!

Photo courtoisie

Imaginez un instant 13 frères portant les couleurs de la même équipe de hockey. L’histoire semble, à première vue, complètement loufoque, mais elle bien réelle et il s’agit même d’un record Guinness. L’exploit a été réalisé par une famille québécoise, les Simard. 

Si le record a été homologué en 1988 à Carleton, l’idée avait commencé à germer dans la tête des frères Simard plusieurs années auparavant. À l’époque, le but n’était aucunement de passer à l’histoire. Ils voulaient simplement pratiquer leur passion commune, le hockey.  

«Dans les années 1980, on louait une patinoire et on jouait régulièrement avec la famille. Ça faisait de belles rencontres. À un moment donné, j’étais à l’usine et quelqu’un me passe un journal. Ça parlait d’un tournoi mondial de hockey familial. Il y avait un numéro de téléphone à la fin de l’article et j’ai contacté l’organisation du tournoi. Quand j’ai dit que nous étions 13 frères, ils ont vraiment insisté pour qu’on vienne parce qu’on allait pouvoir battre le record Guinness», soutient Roger Simard, le frère qui a été l’instigateur de la démarche.

Une affaire de famille   

Après avoir parlé de l’idée d’aller à Carleton aux autres membres de sa famille, Roger Simard a eu la bénédiction de tous pour démarrer le projet. 

Ayant d’abord reçu l’aide de son père, Jean-Joseph, qui a payé pour l’équipement et pour doter la famille d’un uniforme aux couleurs des Blackhawks de Chicago, il s’est ensuite mis à la recherche de commanditaires pour financer le voyage.

«J’ai contacté la ville de Jonquière. Ils ont décidé de nous appuyer en nous donnant des heures gratuites à la patinoire pour qu’on puisse s’entraîner. En échange, on devait nommer notre équipe ''Les Simard de Jonquière''. Le député Francis Dufour a donné une commandite de 800 $ et les employeurs de chacun de mes frères ont également contribué. Le montant total du voyage revenait à environ 8000 $. On avait un autobus nolisé et on avait réservé les motels pour 47 personnes. Les gens n’avaient qu’à payer leur nourriture», déclare celui qui a agi en tant que capitaine de l’équipe.

Les vedettes du coin   

La famille Simard a donc pris la direction de Carleton à la fin du mois de décembre 1988. Les amateurs de hockey de l’endroit sont rapidement tombés sous le charme de l’équipe qu’ils venaient encourager en grand nombre lors de cet événement historique. 

«Nous avons été accueillis comme des ''Wayne Gretzky''. Les partisans venaient nous parler et on nous invitait partout. C’était un voyage mémorable. J’ai encore de la frénésie quand j’en parle. Partout où on allait, on était les vedettes du coin», se souvient Roger Simard. 

En alignant 13 frères dans une même équipe, les Simard ont éclipsé l’ancien record qui était de 11 et qui avait été réalisé par la famille Poirier en 1985. Le message qu’ils voulaient passer allait toutefois bien au-delà de cette marque. 

À l’époque, les organisateurs du tournoi soulignaient que l’exploit de la famille Simard permettait d’atteindre les trois objectifs qu’ils s’étaient fixés. Ils voulaient rendre hommage aux grandes familles, procurer des fonds à une œuvre humanitaire et maintenir la popularité du hockey.

Pour homologuer le record, ils avaient donc fait les choses en grand.

«Guinness fournissait un protocole. Ce n’est pas n’importe qui qui peut homologuer un record. On a eu la chance d’avoir le député de Bonaventure, Gérard Lévesque, pour venir confirmer tout ça. Je me souviendrai toujours de l’image quand il a serré la main de mon père pour le féliciter. J’en ai encore des frissons», se souvient Roger Simard.

Une féroce compétition   

Il faut savoir que le tournoi mondial de Carleton réunissait 18 équipes d’au moins huit frères. Et la compétition était féroce. 

Les Simard ont donné tout ce qu’ils avaient, mais ils ont été éliminés après avoir subi la défaite lors des trois matchs qu’ils ont pu disputer.

«On n’allait pas là pour gagner. Le calibre était très fort, il y avait des anciens joueurs des Nordiques qui jouaient dans le tournoi. On a joué trois rencontres et on a perdu les trois, mais ça importait peu. On venait ici pour le record et pour pratiquer le sport à notre manière, pas pour repartir avec le trophée.»

Un retour émotif   

Après avoir pu vivre toute la frénésie de leur exploit à Carleton, les Simard n’étaient pas au bout de leurs émotions. 

Le moment le plus intense de ce parcours allait les attendre à leur retour à Jonquière. 

«Ma mère est tombée malade un peu avant le tournoi et son médecin ne voulait pas qu’elle vienne avec nous. En revenant à Jonquière, j’ai demandé au chauffeur d’autobus d’aller à l’hôpital et on lui a ramené la plaque commémorative. Elle pleurait, c’était vraiment un beau moment. Elle est décédée quelques mois plus tard», raconte Roger Simard, la voix tremblante.

Le hockey dans le sang   

Plus de 30 ans ont passé depuis les événements de décembre 1988 où les Simard ont marqué l’histoire. 

Si le record se veut maintenant un lointain souvenir que les membres de la famille racontent aux nouvelles générations, le hockey demeure bien ancré dans le quotidien de plusieurs des frères.

«J’ai 74 ans aujourd’hui et je joue encore au hockey avec mon frère Daniel. On peut dire que j’ai le hockey dans le sang», conclut Roger Simard. 

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