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Outrés par un grossier vol à la cathédrale de Chicoutimi

Le coeur de monseigneur Dominique Racine n'est plus à la cathédrale de Chicoutimi. L'urne qui l'abrite a été subtilisée lors d'un cambriolage pas comme les autres dans la nuit de mardi à mercredi.

«C'est un choc. J'étais abasourdie. Scandalisée. Je ne le croyais pas», a témoigné la marguillière de la fabrique St-François-Xavier, Maude Thériault.

Les malfaiteurs ont d’abord forcé la porte du local de la St-Vincent-de-Paul. Une fois au sous-sol de la cathédrale, ils ont éclaté une porte vitrée pour dérober des vêtements et une somme d'argent à l’organisme de bienfaisance.

«Pour la St-Vincent-de-Paul, 495 $, c'est énorme!», a précisé le président de la fabrique, Jean Grimard.

Mme Thériault était tout aussi désolée. «Chaque sou est important à la Société St-Vincent-de-Paul. De voir partir tout ça, ça fait quelque chose aux bénévoles», a-t-elle exprimé.

Les cambrioleurs sont ensuite montés dans l'enceinte de la cathédrale pour alors commettre un geste fâchant.

Avec l’aide d’un lampion, ils ont fracassé la vitrine du présentoir de l'urne qui contient le coeur de monseigneur Dominique Racine. Pourtant, sous l’objet sacré, il est bien indiqué que le coeur a été déposé ici. Il y a une petite pensée en bas, où l’on peut lire : «je dors, mais mon coeur veille».

Le coeur du fondateur du diocèse de Chicoutimi y était depuis 1888.

«Peut-être qu'ils pensaient qu'il y avait des sous à l'intérieur, croit Maude Thériault. Il n'y a pas de peut-être. C'est vraiment le coeur de Monseigneur Racine.»

Jean Grimard ne comprend pas le geste. «Ça ne donne rien à personne. C'est simplement un outrage aux gens pour qui ça a de la valeur. Ça a une valeur sacrée. (C’est) violer sans raison valable un signe important et briser un objet du patrimoine», dénonce-t-il.

L’homme d’entretien à la cathédrale, Donald Gagné, a été parmi les premiers à voir de la vitre éparpillée au sol près du secteur consacré à monseigneur Racine. Il est choqué par un tel geste.

«J'ai pensé à ça cette nuit. Ça n'a pas de bon sens. Ça n'a pas de respect», proteste-t-il.

Une hostie sacrée qui sert à la communion pour le célébrant a aussi été ravie. Et des bris sur le bâtiment, causés par l’introduction par effraction, devront être réparés.

Maude Thériault se plaint qu’elle n’avait pas besoin de ce surplus d’entretien.

Or, ce qui fait le plus mal, c'est la perte de l’urne symbolique. Les bénévoles de la fabrique souhaitent de tout cœur que l’objet leur soit remis.

«On espère que les gens qui l'ont entre les mains vont avoir des remords et vont se dire, ça n'a pas de rapport que j'ai ça. Je ne mettrai pas ça sur la cheminée de foyer. Je vais aller le remettre à la cathédrale», prie Maude Thériault.

Jean Grimard a le même souhait. «On n'a pas de jugement à porter sur eux. Par contre, s'ils pouvaient nous rapporter l'urne discrètement, la déposer quelque part. Nous laisser un message pour que l'on puisse la récupérer».

La cathédrale n'est pas munie de caméras de surveillance. La police de Saguenay poursuit son enquête.

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