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Duplessis contre les «wokes»

Duplessis contre les «wokes».

• À lire aussi: Les «wokes» s’opposent à la défense du Québec, selon Legault

Voilà qui pourrait résumer la nouvelle polarisation principale en politique québécoise.

Elle s'installe depuis quelques années. Les germes furent mis en terre, il y a 16 ans, lors du choc des manifestes: «Pour un Québec solidaire» répondant à «Pour un Québec lucide» (ou «Lucien», comme on le raillait à l'époque).

Les «réalignements», comme le disent les politologues, n'arrivent pas du jour au lendemain.

Mais ce n'était sans doute jamais apparu de manière aussi éclatante que mercredi, au Salon bleu.

Avec une question bien pimentée, le nouveau chef parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois piqua le premier ministre. La réponse de ce dernier vint comme cristalliser la nouvelle opposition.

GND reprochait François Legault de manquer d'humilité et de faire «sa meilleure imitation de Maurice Duplessis», en s'autoproclamant «père de la nation québécoise». Legault rétorqua en traitant GND de «woke».

Les sondages l'avaient signalé: QS réussit à se maintenir par rapport à 2018. Attire un électorat plus jeune, plus urbain, trois caractéristiques du PQ de jadis. La CAQ, en revanche, fait fonds sur les enracinés, jadis presque tous au PQ, les classes moyennes qui votèrent ADQ. Mais aussi le Québec économique et les personnes âgées, longtemps fidèles au PLQ.

QS exulte 

L'aile parlementaire de Québec solidaire exultait hier. Rarement lui avait-on accordé une telle importance: se faire désigner «adversaire principal» par le premier ministre. «On est sur notre X!», s'enthousiasmait une stratège qsiste.

Pour embêter le PQ, Jean Charest aimait bien, stratégiquement, donner de l'importance «au Québec solidaire», comme il le disait malhabilement. Mercredi, l'attaque de Legault eut l'air d'une consécration. QS rêve depuis des lunes d'incarner la réelle «opposition officielle».

Sans compter que François Legault a accepté (en grande partie) de jouer le (mauvais) rôle que lui avait assigné GND: celui de Maurice Duplessis.

Étiquette infamante s'il en est en politique québécoise. Même GND, en entrevue à QUB radio mercredi, admettait qu'on fait du chef historique de l'Union nationale un épouvantail un peu commode.

Woke 

Face au label que lui a apposé le premier ministre, GND s'est montré rusé. Prétendant ignorer sa signification. Jouant sur les mots «wok» et «woke». Peut-être parce qu'il sait très bien que les vrais «wokes» sont ceux, dans son camp, qui ont affirmé que comme «blanc», il participait au racisme systémique au sein même de QS! Ils lui reprochent aussi son «pragmatisme» et sa volonté de faire de QS une «gauche de gouvernement».

Nadeau-Dubois a trébuché en disant qu'il n'avait pas envie de jouer à «touche pas à ma compétence avec le fédéral». Sa pirouette vers le grand soir de l'indépendance où l'on récupérerait «toutes les compétences» sonnait faux. QS a des carences juridiques et son indolence face aux questions constitutionnelles le révèle bien.

Chose certaine, dans la nouvelle polarisation, il sera ardu pour les «vieux partis», le PLQ, mais surtout le PQ, de se faire une place. On y reviendra.

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