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Un mandat de grève pour les CPE de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Sans convention collective depuis 18 mois, les travailleuses de CPE, affiliés à la CSN centrale Cœur-du-Québec, ont voté en faveur d’un mandat de grève de dix jours.

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Les demandes du Syndicat régional des travailleuses et des travailleurs en CPE du Cœur-du-Québec ont été déposées au mois de février. Depuis, leurs conditions de travail n’ont pas été améliorées comme souhaité et les négociations n’aboutissent pas.

Les 730 employées de la Mauricie-Centre-du-Québec demandent, notamment, une sixième semaine de vacances, du temps pour planifier le dossier de l’enfant et pour la gestion dans les cuisines et que les ratios soient déterminés par le nombre d’éducatrices.

Le véritable nerf de la guerre, c’est l’augmentation salariale. Pour le moment, les offres à incidences monétaires du gouvernement déçoivent le syndicat régional.

«On a une demande à 27 % pour le rattrapage salarial. Lui [le gouvernement], ce qu’il offre, c’est un 12 %, sur quatre ans, pour les éducatrices qui sont qualifiées. On est quand même 20 % en bas des techniciennes en service de garde, même avec cette offre-là», s’est exaspérée la présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Cœur du Québec, Suzy Gaillardetz.

Elle a rappelé l’importance des employés des CPE, qui ont permis durant toute la pandémie, le retour au travail des autres personnes dans la société. C’est un service essentiel, a-t-elle affirmé.

«Un moment donné, il va falloir arrêter de dire merci, à la télévision, et donner des conditions de travail décentes», a martelé le président du Conseil central du Cœur du Québec-CSN, Paul Lavergne.

Selon Mme Gaillardetz, les étudiants veulent de moins en moins de la formation d’éducatrice en CPE, car il s’agit de la moins payante sur le marché du travail avec un salaire d’environ 19 $ de l’heure.

Le temps presse pour le milieu des CPE. La pénurie de main-d’œuvre se fait sentir. Il serait alors d’autant plus important d’améliorer les conditions de travail pour attirer de nouveaux employés.

«On a des bris de service. Les directions doivent rappeler les parents pour qu’ils viennent chercher leurs enfants parce qu’on n’a pas d’éducateurs. Les gens quittent», a confirmé la présidente du syndicat régional.

Si les négociations avec le gouvernement n’avancent pas, le mandat de grève pourrait être exercé au cours des prochaines semaines.

Les cours extérieures seront vides pendant dix jours, laissant des centaines de familles en région dans le tracas.

«Honnêtement, je n’étais pas au courant, mais oui, c’est sûr que s’il y a une grève, ça pourrait devenir un peu plus compliqué, disons, au niveau de la logistique», a répondu un père de famille à la sortie d’un CPE à Trois-Rivières.

Deux autres ont également affirmé qu’il serait très difficile de concilier un horaire de travail avec la garde des enfants pour cette durée de temps.

Mme Gaillardetz croit toutefois avoir le soutien des parents. Elle pense qu’ils comprennent la situation d’urgence et qu’ils désirent, eux aussi, un meilleur service pour leurs enfants.

Chose certaine, si rien ne change dans les semaines à venir, la menace de la grève pourrait être mise à exécution.

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