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Victime de violence conjugale, elle dit avoir été mal protégée

Mario Chery (debout à gauche), Brook-Lynn Griffith (en bas à gauche), Kamiah Bynoe-Ollivierre (en haut à droite) et Kristin Delage (en bas à droite) étaient tous au chevet de Courtney Mattix, qui aurait été poignardée par son ex-copain.

Photo Laurent Lavoie

Mario Chery (debout à gauche), Brook-Lynn Griffith (en bas à gauche), Kamiah Bynoe-Ollivierre (en haut à droite) et Kristin Delage (en bas à droite) étaient tous au chevet de Courtney Mattix, qui aurait été poignardée par son ex-copain.

Une mère victime d’une tentative de meurtre par son ex-copain la fin de semaine dernière appelle les autorités à renforcer la protection des femmes qui osent dénoncer les hommes violents.

« Le système doit changer. Lorsqu’il y a de la violence conjugale, on doit faire mieux », lance Courtney Mattix, qui a reçu Le Journal dans sa chambre d’hôpital où elle tente toujours de se remettre de ses graves blessures.

Ironiquement, la femme de 39 ans a été attaquée quelques jours avant l’annonce par Québec de la création d’un tribunal spécialisé en violence sexuelle et conjugale. Son histoire rappelle qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour assurer plus de sécurité aux plaignantes.

En août dernier, Mme Mattix aurait été battue par son ex-copain Mack Borden après avoir mis fin à leur relation. L’homme de 53 ans a été arrêté et accusé, puis remis en liberté sous certaines conditions. 

Le tribunal lui a notamment interdit de s’approcher de la victime à moins de 200 mètres.

Il se réinstalle chez elle

Selon Mme Mattix, on aurait quand même remis les clés de son logis à l’accusé lorsqu’il a été libéré.

Borden en a profité pour se réinstaller chez elle. Craintive et ne voulant pas le provoquer, elle a choisi de tolérer sa présence dans leur appartement de la rue Goyer, dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Samedi dernier, le quinquagénaire l’aurait à nouveau frappée et aurait lacéré de nombreux biens dans la résidence.

Des policiers de Montréal se sont rendus sur place, mais l’homme avait quitté les lieux.

Selon Mme Mattix et ses proches, qui ont alors dû passer la nuit ailleurs, les agents ont mentionné qu’une surveillance serait assurée afin qu’ils puissent revenir sur place le lendemain pour récupérer des effets personnels sans que le suspect soit présent.

Sauf qu’à leur arrivée, Borden y était, et est sorti couteau à la main et s’est attaqué à eux.

« Il est sorti en balançant des coups, prêt à tout. [...] Il a vu ma mère. Il l’a ciblée des yeux et a dit : “Tu es celle que je veux. Tu es celle qui mérite tout ça”. Il a commencé à la pourchasser partout dans la rue », a raconté Brook-Lynn Griffith, la fille de Mme Mattix, qui a aussi été légèrement blessée.

« Elle aurait pu mourir, j’aurais pu mourir », a confié la jeune femme de 17 ans, la voix étranglée par l’émotion.

En quête de réponses

Quelques jours après l’altercation, la famille est toujours en quête de réponses. 

« Si la police avait fait son travail, on ne serait pas ici [à l’hôpital] », estime Mario Chery, le nouveau compagnon de Mme Mattix, qui affiche une longue plaie suturée sur le front.

Même si Borden est depuis incarcéré et maintenant visé par vingt chefs d’accusation, dont tentative de meurtre, Brook-Lynn s’inquiète pour sa sécurité et celle de ses proches.

La police de Montréal n’a pas voulu commenter sous prétexte que l’enquête est toujours en cours ni préciser si les procédures prescrites lors de cas de violence conjugale ont été respectées.

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