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Une cégépienne décrie la pesée dans son cours d'éducation physique

Une cégépienne de 17 ans, Alice, décrie la pesée qui a eu lieu dans le cadre de son cours d'éducation physique au Cégep du Vieux Montréal. 

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Le professeur a fait monter les élèves tour à tour sur une balance en leur dévoilant leur poids et leur indice de masse corporelle et ce, devant leurs collègues de classe.

Alice a été traumatisée de la pratique parce qu’elle ne s’est jamais pesée à la maison. Pour elle et ses proches, le poids n’est pas important. 

Alice a envoyé un texto à sa belle-mère, Chantal Déry, après le cours d'éducation physique. 

«Elle m’a dit ''je n’en reviens pas, je viens d’être pesée dans un cours d’éducation physique.'' Là j’ai dit c’est inconcevable, et pourquoi?», demande-t-elle. «Elle ne savait même plus c’était pourquoi tellement que pour elle, c’est angoissant. Ele avait un chiffre dans sa tête, moi je n’ai pas de balance ici. Donc, elle ne savait pas combien elle pesait, et là, elle a réalisé qu’elle était plus pesante que toutes ses amies, donc elle s’est remise en doute. Elle a 17 ans, c’est une jeune fille, elle est en forme, et là on lui a mis un chiffre en tête.» 

La pratique de la pesée a été bannie en 2017 par Québec pour les écoles primaires et secondaires, mais pas au cégep. Par contre, on avait demandé aux professeurs de cégep que s'ils faisaient la pesée, ce devait être dans un certain cadre et dans l’intimité. 

La situation a fait bondir la ministre de l'Enseignement supérieur Danielle MacAnn.

«C'est inacceptable et c’est un grand manque de sensibilité que cette jeune femme ait été pesée devant tous ses collègues de classe. Je vais faire le suivi avec le Cégep et m'assurer que ça ne se reproduise plus. La pesée ne fait pas partie du programme ministériel en éducation physique. Tout comme la santé physique, la santé mentale de nos étudiants est l'objectif de ces cours.»

La situation est dénoncée par Anorexie et boulimie Québec, qui a vu le nombre de demandes augmenter de 128% pendant la pandémie parce que les jeunes vivent de l’anxiété et des problèmes alimentaires.

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