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La fierté d’un village

À Huberdeau, Jonathan Drouin restera toujours un modèle de réussite

Maple Leafs vs Canadiens

Photo Martin Chevalier

Huberdeau. Petit village des Laurentides bordé par la rivière Rouge. Population : 800 habitants. Sur la rue principale, on y retrouve l’école primaire l’Arc-en-ciel, l’église Notre-Dame-de-la-Merci, le dépanneur A+ et le restaurant Aux bons vivants.

Durant sa jeunesse, Jonathan Drouin en a passé des heures sur cette patinoire extérieure à peaufiner son art.

Photo courtoise

Durant sa jeunesse, Jonathan Drouin en a passé des heures sur cette patinoire extérieure à peaufiner son art.

Si l’attraction touristique est le Calvaire d’Huberdeau, un lieu de pèlerinage, il y a un autre endroit d’intérêt pour l’amateur de hockey. Au coin de la rue Principale et de la rue du Fer-À-Cheval, on s’arrête pour y découvrir la patinoire extérieure du coin. Elle porte le nom de la fierté locale, soit Jonathan Drouin.

Sur la cabane en bois, où les jeunes peuvent se réchauffer pour attacher leurs patins, il y a un écriteau avec une photo de Drouin et un bref message.

«C’est ici que tout a commencé...»

Il y a des soirs où Drouin aimerait probablement se replonger dans cette époque. À un jour où il n’y avait aucun stress, aucune attente. Il ressentait juste le pur bonheur de fouler une patinoire avec des amis.

«On finissait une game dans le pee-wee AA avec les Sélects du Nord, et après le match, il voulait juste se déshabiller le plus rapidement possible pour retourner sur la patinoire extérieure près de chez lui pour jouer dehors avec ses chums. Quand tu connais bien Jo, tu sais que c’est un mordu du hockey, un passionné.»

L’église Notre-Dame-de-le-Merci trône au cœur du village.

Photo courtoisie

L’église Notre-Dame-de-le-Merci trône au cœur du village.

L’homme qui parle, c’est Benoit Beauchamp. Du niveau atome BB jusqu’au bantam AA, Beauchamp a dirigé Drouin, qui partageait la même équipe que son fils, Anthony, un gardien.

«Le talent de Jo ne vient pas de son père, Serge, ou de sa mère, Brigitte, mais de son oncle Paul qui était un surdoué au hockey. Paul avait des mains magiques et un assez bon gabarit à environ 6 pi 1 po. Et quand je dis ça, je ne veux pas insulter ses parents. Loin de là. On parle de bonnes personnes, c’est une très belle famille et ils ont le cœur à la bonne place.»

Le talent de l’oncle

Beauchamp, qui est dans le début de la cinquantaine, a la mémoire d’un Gerry Rochon pour décrire Drouin à ses premiers pas au hockey.

«Il mangeait de la glace, il a toujours été un étudiant du hockey, dit-il. Serge m’accompagnait souvent comme coach adjoint. J’ai encore en tête son premier but en carrière dans l’atome BB. Il avait pogné la rondelle entre deux zones et il avait contourné le filet pour déjouer le gardien d’un tir du revers. J’avais regardé son père pour lui dire qu’il était pour passer une belle saison même s’il était encore d’âge novice.»

«Mais la meilleure anecdote, c’est quand il jouait dans le pee-wee BB. On était en finale régionale. Notre petite équipe des Montagnards de Sainte-Agathe-Mont Tremblant affrontait Saint-Jérôme. On perdait 5 à 2 après deux périodes. Il avait marqué les deux buts. Je lui avais dit qu’il avait réussi deux buts chanceux. Je voulais le défier un peu. Et il avait répondu... On a gagné 7 à 5. Il avait marqué les sept buts, dont cinq buts en troisième période. Ça te donne une idée du caractère du jeune.»

Un sourire à regagner

À 26 ans, Drouin renouera avec ses coéquipiers du CH pour le camp de l’équipe après une absence de plusieurs semaines pour des raisons personnelles. L’ailier gauche parlera pour une première fois de ce qui le hantait avec Chantal Machabée à RDS et Renaud Lavoie de TVA Sports, dans deux entrevues distinctes qui seront diffusées demain.

S’il avait un message à lui lancer, Beauchamp, son entraîneur de longue date, lui dirait la chose suivante.

«Amuse-toi. Point à la ligne. Je l’ai vu s’amuser toute sa vie au hockey. Je veux le revoir avec le même sourire qu’à son hockey mineur. Quand il s’amuse, il est invincible ce jeune-là. Moi, j’y crois à son retour. Il a un solide caractère et un aussi grand cœur.»

L’équipe atome AA où l’on voit Jonathan dans la 2e rangée.

Photo courtoisie

L’équipe atome AA où l’on voit Jonathan dans la 2e rangée.

Jon Goyens, qui a dirigé Drouin pour près de deux ans avec les Lions du Lac-Saint-Louis dans le Midget AAA, avait un souhait semblable pour son ancien protégé.

«J’espère qu’il aura sa meilleure saison au niveau de la santé et du hockey, a-t-il dit. Et qu’il montrera son talent et son amour pour le hockey à la ville de Montréal. Juste par la façon qu’il jouera sur la glace, on ressentira sa passion pour son sport.»

Le Calvaire d’Huberdeau est un lieu de pèlerinage fort connu dans les Hautes-Laurentides.

Photo courtoisie

Le Calvaire d’Huberdeau est un lieu de pèlerinage fort connu dans les Hautes-Laurentides.

Et pour Marie-Claire, la commis du dépanneur à Huberdeau, c’était aussi de retrouver une paix d’esprit.

«On veut juste le voir heureux, dans la vie et au hockey. Jonathan représente une grande fierté pour notre village. On sera toujours là pour l’encourager.» 

Un amour indiscutable du hockey  

Jonathan Drouin est décrit comme un passionné par ses trois anciens entraîneurs 

Bruno Beauchamp.
Entraîneur

Photo courtoisie

Bruno Beauchamp. Entraîneur

Bruno Beauchamp, Jon Goyens et Dominique Ducharme. À eux trois, ils couvrent la carrière de hockeyeur de Jonathan Drouin des Motagnards de Ste-Agathe-Mont-Tremblant jusqu’à la LNH avec le Canadien.

Quand on parle aux trois entraîneurs en chef, il y a un dénominateur qui ressort dans le caractère et la personnalité de Drouin : sa passion indéniable pour son sport. Une passion d’une rare intensité.

«Jonathan est l’un des premiers joueurs avec les Lions, pas le seul, qui m’a vraiment challengé sans rien dire de particulier à devenir meilleur et mieux préparé comme entraîneur, a noté Goyens, qui l’a côtoyé dans le Midget AAA. Il étudiait déjà vraiment bien le jeu et il voulait toujours s’améliorer. Il mangeait du hockey comme on mange une toast le matin. Après un match, quand la majorité des joueurs partait, il était encore habillé et il rentrait dans le bureau des coachs pour revoir des présences ou un jeu précis. Il cherchait à revoir ses erreurs, comme ses bons coups.»

Assis sur une simple chaise au milieu de la salle des entrevues à Brossard, Ducharme corrobore les dires de Goyens.

«Aujourd’hui, Jonathan est probablement le joueur dans notre équipe qui regarde le plus de hockey, a souligné Ducharme qui a travaillé avec Drouin avec les Mooseheads de Halifax dans la LHJMQ, et depuis trois ans avec le CH. Tu peux lui parler d’un joueur dans une équipe X et il le connaît. Il l’a déjà vu jouer. Il ne regarde pas juste des matchs de la LNH. C’est un passionné. On parle d’adversité, il en a connu. Je le vois pratiquement tous les jours. Il est en bonne forme physique et mentale. Il a hâte que ça commence. J’ai hâte de le voir sur la glace.»

Des « Bono » du hockey

Il y a parfois un revers de la médaille à une trop grande passion. Quand un athlète s’enfonce trop dans son sport, il peut frapper le mur lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur.

«Jo avait dominé à tous les niveaux avant la LNH. Il est un deuxième choix au total de la LHJMQ par les Mooseheads (2011) et un troisième choix au total par le Lightning (2013), a rappelé Ducharme. Il fait face à de l’adversité dans la LNH. Je le vois grandir tous les ans pour mieux gérer ça. Je sais qu’il continue à travailler pour devenir le joueur qu’il veut être. Mais c’est un gars qui cherche tellement à bien faire que parfois ça peut jouer contre lui. Dans le sens qu’il peut se placer trop de pression. Si vous pensez que les gens ont de grandes attentes envers lui, il faut comprendre que Jo a des attentes encore plus élevées envers lui-même.»

Aux yeux de Goyens, l’ailier gauche de 26 ans a le caractère pour remonter la pente.

«Oui, j’ai confiance de le voir rebondir. Les gens oublient que Jo à son arrivée dans le Midget AAA avec le Lac St-Louis était un joueur sous le radar. Il n’avait pas encore une grande notoriété. Ce n’est pas les Lions qui ont créé Jo, mais nous l’avons aidé.»

«On me posait la même question pour ses débuts à Montréal. Je sais que le monde peut dire que je suis un ancien coach de Jo dans le hockey mineur et que j’étais en amour avec ce joueur. Quand tu joues pour les Lions, il y a une pression. C’est un gros marché dans le Midget AAA, c’est une équipe prestigieuse. Après, il a joué à Halifax dans l’une des plus grosses villes de la LHJMQ. Il se retrouvait encore sous les projecteurs.»

Après une longue réponse, Goyens a retrouvé son souffle pour y aller d’une image forte.

«Jo a toujours roulé dans des minis-gros marchés. Il a toujours gagné. Oui, Montréal, c’est un autre niveau. C’est unique dans la LNH. Un joueur du Canadien, c’est comme une rock star. Ils sont des « Bono » du hockey.»

«Je ne veux pas bien décrire à quoi ressemble cette pression à Montréal. Mais il y a toujours un élément d’adaptation. J’espère pour Jo qu’il y parviendra. On veut juste qu’il soit content et qu’il performe à son potentiel. Moi, je pense que Jo sera correct. Il aura une belle saison.»

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