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Renvoyée du pays, elle revient trois ans plus tard

PHOTO COURTOISIE / Élisa Jeandeau

Une Française qui a été renvoyée du pays en 2018 alors qu’elle était enceinte reviendra s’installer ici en novembre prochain, après avoir surmonté un choc post-traumatique imputable à son renvoi. 

Trois ans après son départ, Élisa Jeandeau a reçu, le 9 septembre dernier, une réponse positive à sa demande du statut de résidente permanente, et planifie la réunification de sa famille dans moins de deux mois, dans la région de Thetford Mines, en Chaudière-Appalaches. Pour y arriver, celle qui a habité au Québec de 2010 à 2018 a vécu le parcours du combattant.

À son retour en France en mars 2018, elle, enceinte, et ses deux enfants – un né au Québec d’un père québécois et une fille née en France d’une union précédente - ont vécu dans un centre d’hébergement d’urgence.

«J’ai failli perdre trois fois mon bébé pendant cette période-là», a-t-elle confié en entrevue à l’Agence QMI.

La femme de 37 ans avait été forcée de quitter le Québec à la suite d’un imbroglio administratif parce qu’elle n’avait pas transmis son certificat de sélection du Québec aux autorités fédérales à temps.

Après l’accouchement, en France, elle a repris sa vie et s’est remise à travailler, mais elle faisait des «micro dépressions» et n’arrivait pas à se «projeter» dans le futur. Cela l’empêchait d’entreprendre des démarches de retour au Québec pour venir rejoindre son conjoint, Sylvain R. Lemay.

Malgré l'éloignement, le couple est resté fort durant l'exil de Mme Jeandeau. M. Lemay s’était rendu en France pour la naissance de leur fils.

Stress post-traumatique 

Mais, tout cette mésaventure n’a pas été facile. En août 2020, elle a été diagnostiquée comme souffrant du syndrome de stress post-traumatique, un état qui a été attribué au choc provoqué son renvoi en France.

«La personne se crée tout un cheminement, elle a des projets, elle a une vie personnelle et professionnelle, elle se crée une famille et du jour au lendemain vous [lui] fauchez tout», a-t-elle expliqué. «C’est le même principe qu’un attentat, du jour au lendemain votre vie bascule», a-t-elle ajouté.

Lorsque le diagnostic est tombé, elle a finalement trouvé la force d’entamer les démarches pour revenir vivre à Thetford Mines, plus de trois ans après son renvoi. «Retourner au Canada, c’est pour moi une phase de reconstruction, en fait», a confié Élisa Jeandeau, même si elle dit appréhender certaines difficultés.

«Ma plus grosse crainte en réalité c’est par rapport à ma fille. Je ne sais pas comment elle a vécu [tout ça] parce qu’elle n’a pas voulu en parler», a-t-elle dit.

Donner au suivant 

Toute cette mésaventure avec les services d’immigration a permis à Mme Jeandeau de devenir une «experte» en la matière. «Aujourd’hui, côté immigration je suis calée, j’aide même des gens maintenant», a-t-elle affirmé, laissant savoir qu’elle souhaitait désormais orienter sa carrière dans cette avenue.

«Je me suis fait la promesse que si un jour je revenais [au Québec] je deviendrais consultante en immigration», a-t-elle mentionné. «Je veux travailler dans une entreprise, mais je veux aussi le faire à titre bénévole pour aider les gens», a précisé celle qui dit finalement avoir trouvé sa place, au Québec.

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