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COVID-19 : rien ne va plus en Alberta

La situation est catastrophique en Alberta, si bien que plusieurs travailleurs du secteur de la santé veulent que l’armée soit déployée en renfort, et que toutes les ressources médicales des autres provinces soient mobilisées.

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«On a plus de gens aux soins intensifs actuellement que depuis le début de la pandémie, et c'est un gros problème. On a plus que doublé le nombre de lits de soins intensifs en Alberta, et nos capacités commencent à être limitées, malgré le fait qu'on a annulé 100 % des chirurgies à travers la province», a expliqué le docteur Alain Tremblay, pneumologue au centre hospitalier de Foothills, à Calgary.

Assez de lits? 

En date de vendredi, on dénombrait 911 patients infectés par le virus dans les hôpitaux de la province, dont 215 aux soins intensifs, sur une capacité d'environ 300 lits. En comparaison, le Québec comptait dimanche 277 patients hospitalisés, dont 87 aux soins intensifs, malgré une population deux fois plus grande.

«Pour le moment, on a encore de la capacité, mais il n'y a aucun signe de ralentissement des nouveaux cas. Vendredi, on avait plus de 2000 nouveaux cas en Alberta, c'est le plus haut taux qu'on a depuis le début de la 4e vague», a poursuivi le docteur.

Comme d'autres hôpitaux, celui de Foothills a dû couper dans ses services en raison du virus. «Il y a quatre unités qui font de l'endoscopie respiratoire à Calgary, et trois d'entre elles ont été fermées, car on doit prendre notre personnel et les amener aux soins intensifs. Nos activités normales sont suspendues pour supporter les gens malades de la COVID», a déploré le Dr Tremblay.

Une mauvaise gestion de crise? 

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, est vivement critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire dans sa province, et particulièrement pour le relâchement des mesures sanitaires au cours de l'été qui a mené à cette virulente quatrième vague.

Depuis, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la gestion de la pandémie du premier ministre Kenney, incluant celle de Justin Trudeau qui a ouvertement critiqué, dimanche, les décisions de son homologue.

«Ce que nous observons présentement est le fruit des mauvaises décisions qui ont été prises en Saskatchewan et en Alberta», a-t-il taclé en conférence de presse à Montréal.

Plusieurs syndicats dans le système de santé, eux, ont carrément réclamé samedi une intervention de l'armée dans une lettre ouverte adressée à Jason Kenney.

«(Nous) vous exhortons dans les termes les plus forts à demander au gouvernement fédéral de déployer immédiatement l'armée, la Croix-Rouge et toutes les ressources en personnel médical disponibles d'autres provinces pour aider les hôpitaux débordés de notre province», peut-on lire dans la lettre.

«Il n'y a plus d'infirmières dans notre province qui peuvent être déployées. Il n'y a plus d'ambulanciers. Il n'y a plus d'inhalothérapeutes. Il n'y a plus de personnel de soutien. Le réservoir est vide. Le puits est sec», lit-on plus loin.

Passeport vaccinal 

Afin de tenter de renverser la tendance, le gouvernement Kenney a décrété l'état d'urgence sanitaire et a annoncé l'imposition d'un passeport sanitaire qui entrera en vigueur lundi, mais ces mesures sont jugées trop peu, trop tard.

«Même si on suivait les règles à la lettre, elles sont trop timides, et on pense qu'il y a des gens qui vont pouvoir ignorer les restrictions. [...] Je ne crois pas que les restrictions vont ralentir les cas pour éviter une crise. On n'aura pas le temps de transférer les gens hors province, ou faire du triage», a déploré le Dr Alain Tremblay.

L'Alberta s'est aussi tournée vers d'autres provinces pour tenter d'obtenir de l'aide. L'Ontario a déjà indiqué qu'elle chercherait à donner un coup de main, vraisemblablement en acceptant des patients albertains, mais les modalités étaient encore à définir.

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