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Le ministre Dubé veut des infirmières heureuses

Christian Dubé s’apprête à faire prendre un virage majeur au réseau de la santé pour offrir plus de bonheur aux infirmières et aux patients: au menu, une refonte des ressources humaines, un nouveau modèle de gestion décentralisé, des incitatifs financiers et une expérience client. 

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«Vous l’avez vu dans [l’opération vaccination]. Ça rend des employés heureux, qui ont le goût de travailler dans le réseau de la santé et, en plus, bien, ça rend les clients, ça rend les patients très heureux parce qu'ils sont dans un environnement où ils étaient même surpris de voir que le réseau de la santé pouvait offrir ce type de service à la clientèle», a expliqué le ministre de la Santé mardi à l’Assemblée nationale. 

«Les primes, c’est une chose, mais les infirmières veulent un meilleur environnement de travail», a-t-il expliqué.

Horaires stables     

Il annoncera jeudi avec le premier ministre la première phase de sa réforme, centrée sur les ressources humaines. Elle lui permettra de plaquer le modèle de gestion de la vaccination, avec des horaires stables notamment, dans l’ensemble du réseau pour que les employés aient «le goût de rester à travailler en santé» et pour «donner le goût» aux employés qui ont quitté leur travail pour le privé ou qui ont pris une retraite anticipée, «de revenir travailler avec nous».

La semaine dernière, le premier ministre Legault avait proposé d’ajouter des incitatifs financiers pour recruter près de 4000 infirmières à l’automne. Mais les syndicats ont souligné à grand trait que les heures supplémentaires obligatoires et l’absence de conciliation travail-famille étaient au cœur du problème de rétention du personnel.

Le message a été entendu. «Tout ce qu'on a entendu des demandes de la FIQ et des autres syndicats, vous pouvez voir que ça va être sur notre menu», a-t-il dit. Il veut diminuer l’usage des agences privées et permettre une «gestion locale des horaires» qui réduirait les heures supplémentaires.

 Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

Mammouth     

Dans les prochaines semaines, M. Dubé promet de présenter «l’ensemble du modèle de gestion» qu’il a en tête. Il aura toutefois besoin de faire adopter un projet de loi «mammouth» pour mettre la main sur des données en temps réel du réseau de la santé.

Reste que le défi du gestionnaire de carrière est énorme: il doit trouver au moins 4000 infirmières pour pallier les démissions liées à la pandémie. Et d’ici le 15 octobre, il fera face à la suspension massive de milliers de soignants non vaccinés.

La semaine dernière, il s’est d’ailleurs engagé à ce qu’il n’y ait aucun bris de service lié à ces suspensions. Et le gouvernement cherche désespérément à combler ces départs. Le premier ministre avait lancé plusieurs pistes de solution: par exemple, permettre aux infirmières retraitées d’obtenir un plein salaire tout en conservant leur pension si elles reviennent au travail, et même de rehausser temporairement le salaire de toutes les infirmières.

Le ministre des Finances Eric Girard avait indiqué que des «centaines de millions » étaient sur la table pour recruter ce personnel. Mais les sommes, avait-il averti, sont là de façon temporaire.

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