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Réchauffement insuffisant pour O'Toole

Il faisait très froid hier soir à Oshawa, au rassemblement conservateur.

Froid, littéralement, car il se tenait au Tribute Communities Centre (TCC anciennement General Motors Centre), aréna des Generals de la Ligue de hockey de l'Ontario.

On est ici dans le comté de l'automobile, Durham, représenté par Erin O'Toole, premier chef conservateur en 64 à être élu en Ontario.

Les minces plaques installées sur la glace de l'aréna TCC isolaient bien mal nos pauvres pieds du froid. (Les militants conservateurs peuvent bien douter du réchauffement planétaire, me suis-je dit.)

Froide était aussi l'atmosphère. À cause de la COVID-19, d'abord. Seules 1000 personnes, comprenant les journalistes et les employés du parti, étaient autorisées à pénétrer dans cette enceinte qui peut en contenir 5500. Peu avant 23 h, on entendit de très faibles applaudissements, alors que les télés soulignaient la réélection d'Érin O'Toole.

Pour le reste, quelques interviews de stratèges, pas de candidats vedettes. O'Toole y est arrivé tôt, mais s'est cloîtré loin des journalistes, en attendant les résultats, qui sortaient au compte-gouttes.

Lorsque LCN et d'autres médias ont annoncé, vers 22 h 27, que le Parti libéral formerait le prochain gouvernement, l'atmosphère eut l'effet d'une douche froide.

Léger réchauffement

Plus tôt, les données des Maritimes avaient donné un peu d'espoir; donner l'impression d'un léger réchauffement. En 2015, les libéraux avaient tout dessiné en rouge là-bas, rappelait un stratège conservateur.

L'impression qu'il y aurait quelques bleus de plus en 2021 qu'en 2019 avait rassuré. Mais on était loin, très loin d'une vague. Les stratèges espéraient que cela était annonciateur de bonnes nouvelles pour l'Ontario.

Seule crainte: le Parti populaire de Maxime Bernier, que le chef O'Toole avait attendu à la dernière minute dimanche pour fustiger. En même temps, nous expliqua un stratège: ils ne sont pas autant des conservateurs convertis qu'on pourrait le croire. Et leurs résultats réels semblaient hier moindres que ceux que les sondages avaient estimés.

Legault perdant

Au moment d'écrire ces lignes, on avait l'impression que le Québec se montrerait encore assez froid à l'égard des conservateurs.

Pourtant, les bleus n'avaient pas ménagé leurs efforts pour séduire l'électorat québécois.

Le fameux «contrat», dont le chef O'Toole a tant parlé pendant les débats répondait à plusieurs demandes anciennes de la part du gouvernement du Québec. (Au fait, l'avez-vous reçu par la poste, comme promis, vous? Moi non.)

Ce contrat lui valut l'appui du premier ministre du Québec, qui a - fait sans précédent- souhaité ouvertement l'élection d'un gouvernement minoritaire d'Erin O'Toole. La défaite d'O'Toole d'hier est donc en partie la sienne. Malgré quelques minces gains au Québec.

Les appels à la protection de la nation contre les partis centralisateurs ont été moins efficaces qu'on aurait pu le croire.

Autre appui de taille qui ne semble pas avoir eu l'effet escompté: celui de Brian Mulroney, auteur de la plus grande victoire conservatrice du dernier siècle.

M. O'Toole rêvait de reconstituer la grande coalition bleue que le progressiste-conservateur avait réussi à mettre en place.

Le chef conservateur a eu beau se déclarer pro-choix, défiler lors de la fierté gaie, reculer en partie sur le contrôle des armes à feu, il est demeuré suspect aux yeux de bien des Québécois, notamment en raison des positions de son parti sur l’environnement.

Ce recentrage ne lui a pas permis non plus de reconquérir l'Ontario. Ce qui annonce plusieurs refroidissements à venir pour le chef bleu.

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