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Tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic : le recours civil contre le CP débute

Le premier témoin du recours civil intenté contre le Canadien Pacifique (CP), en lien avec la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, sera Thomas Harding, le mécanicien de la locomotive qui explosé au centre-ville et fait 47 victimes en juillet 2013.

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Thomas Harding sera appelé à la barre des témoins, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke. Cet homme est le mécanicien de la locomotive qui a immobilisé le train rempli de pétrole sur la voie de service à Nantes, en au haut de la pente, avant de le laisser sans surveillance pour la nuit.

Il a été acquitté, en janvier 2018, des accusations de négligence criminelle portées contre lui, au terme d’un long procès devant jury.

Cette fois, son témoignage servira au recours civil intenté par des citoyens qui souhaitent obtenir des réponses à leurs questions, une reconnaissance de la part de responsabilité du CP et un dédommagement.

Les faits seraient troublants 

Guy Ouellet fait partie des demandeurs de cette action civile. Ce dernier a perdu sa conjointe qui se trouvait au Musi-Café la nuit du déraillement. Pour sa part, Jean Clusiault a perdu sa fille Kathy.

Aucun témoin n'a encore été entendu, mais ce qu'allèguent les requérants à l'endroit de la compagnie est troublant.

Selon la théorie des procureurs des citoyens de Lac-Mégantic, le CP aurait choisi la voie ferrée de la MMA plutôt que celle du CN, pourtant de classe 1, dans le but de maximiser ses profits et d'obtenir le contrat exclusif de transport du pétrole de Bakken à partir du Dakota du Nord jusqu'au Nouveau-Brunswick.

«Les preuves démontreront que le prix et le volume étaient les seules considérations du CP dans sa relation avec MMA», prentendent-ils.

Selon eux, le fait d’obtenir le prix le plus bas possible lui permettait de sceller l'accord commercial avec World fuel services et d'écarter le CN de l'équation.

D’après les faits allégués mais qui demeurent à être prouvés, le CP aurait été informé de la possible erreur de classification du pétrole transporté dans le train 282 qui a explosé au centre-ville de Lac-Mégantic. L'entreprise n'aurait même pas informé la MMA de la volatilité extrême des liquides de schistes qu'elle transportait dans les citernes.

«Même si le CP savait que la MMA n'avait pas l'expérience requise pour transporter ce type de pétrole, il a choisi d'ignorer le CN parce que ça leur coûtait moins cher», a renchéri Me Joel Rochon, qui représente les citoyens.

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