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Éducation à l’enfance: baisse des inscriptions dans les cégeps de l’Estrie

Samia Plante, directrice adjointe des études au Cégep de Granby

PHOTO COURTOISIE / Cégep de Granby

Samia Plante, directrice adjointe des études au Cégep de Granby

La promesse gouvernementale de meilleures conditions de travail pour les techniciennes en service de garde ne se reflète pas encore dans le nombre d’inscriptions dans les cégeps de l’Estrie.

Selon les vérifications faites par l’Agence QMI, à peine 25 étudiantes se sont inscrites en technique d’éducation à la petite enfance du Cégep de Granby pour le trimestre qui a commencé à la fin du mois d’août. Il s’agit d’une baisse de 11 inscriptions par rapport à l’automne 2020 et plus de deux fois moins qu’à l’automne 2016. Cinquante-huit personnes s’étaient inscrites au programme pour la session de l’automne 2016, à Granby.

Plus à l’est, au Cégep de Sherbrooke, le nombre d’inscriptions au programme d’éducation à la petite enfance a aussi reculé cet automne. Quarante-trois étudiantes ont soumis leur candidature pour le trimestre d’automne 2021, comparativement à 55 un an plus tôt et à 52 à l’automne 2019.

Samia Plante, directrice adjointe des études au Cégep de Granby, remarque que la baisse des inscriptions au programme d’éducation à la petite enfance semble généralisée à la grandeur du réseau collégial québécois.

«On voit que pour 12 collèges pour lesquels les inscriptions sont en baisse, cinq sont en hausse», indique Mme Plante.

Selon elle, les conditions de travail dans les centres de la petite enfance expliqueraient une grande partie de la désaffection des candidates pour ce métier.

«Les enseignantes, qui sont très proches du terrain, m’indiquent que les conditions de travail et la valorisation de la profession représentent la cause principale de la baisse du nombre d’inscriptions», raconte Samia Plante, soulignant que le Cégep de Sorel-Tracy a fermé son programme d’éducation à la petite enfance en 2019.

La rémunération, jugée trop faible par une partie des éducatrices en garderie, expliquerait aussi les difficultés de recrutement dans les cégeps, croit Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance.

«Le fait que les conditions de salaire des éducatrices n’aient pas été améliorées, que les éducatrices sont sans contrat de travail, ce sont des éléments qui ont milité pour ne pas aller chercher de nouveaux étudiants», estime Mme Bélisle.

Une lumière au bout du tunnel?

La mise en place, cet été, de programmes de formations de courte durée (COUD) pour les éducatrices en garderie, par le gouvernement du Québec, pourrait contribuer à atténuer les effets de la pénurie de main-d’oeuvre en CPE, espère Geneviève Bélisle. Cinq cents étudiantes auraient déjà manifesté leur intention de suivre la formation en alternance travail-études sur les 2300 que souhaite former le gouvernement au cours des prochains mois.

«On a l’espoir que ça, ça va venir nous aider pour l’année 2021-2022, mais il faut vraiment qu’on continue les efforts parce qu’il faudrait qu’au prochain mois de mars, on ait beaucoup plus de personnes qui posent leur candidature pour le DEC, entre autres», explique Mme Bélisle.

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