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La pénurie de main-d’œuvre s’accentue au Québec

La pénurie de main-d’œuvre a pris une ampleur inégalée au Québec, notamment dans le secteur de la santé, durant les deux dernières années, selon une étude de l’Institut du Québec dévoilée mardi.

Le nombre de postes vacants a en effet bondi de 38,2 % entre le premier trimestre 2019 et le deuxième trimestre de l’année, soit une hausse de 53 725 emplois, selon les chiffres de Statistique Canada.

Pour le Québec, le taux s’est établi à 5,3 % après une croissance de 1,5 % durant la même période, soit le taux le plus élevé après celui de la Colombie-Britannique.

Mais c’est dans le secteur de la santé et des services sociaux que la situation se corse, puisque le nombre de postes vacants a augmenté de 69,3 % en deux ans, soit un bond de 7990 pour s’établir à 20 630, alors que l’emploi salarié n’a varié que de 11,9 %.

C’est le personnel professionnel en soins infirmiers qui écope le plus avec 6905 postes vacants, soit une hausse de 3985, pas loin des 4000 postes d’infirmières que le gouvernement Legault cherche à pourvoir.

«Le phénomène de rareté de la main-d'œuvre est particulièrement criant dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale.[...] Ces données peu encourageantes laissent entrevoir que les employeurs peineront à recruter de la main-d'œuvre qualifiée pour répondre à la hausse des besoins en santé», a indiqué Mia Homsy, présidente-directrice générale de l'Institut du Québec (IDQ).Quatre industries écopent

La hausse des postes vacants a touché particulièrement quatre industries, selon l’Institut de Québec.

Le secteur de la fabrication compte 25 330 postes vacants après une hausse de 5935 en deux ans, la construction a vu le taux de postes vacants passer de 4,4 % à 5,6 % pour s’établir à 12 700, alors que le commerce de gros et le commerce de détail cherchent à pourvoir respectivement 9600 et 22 715 postes.

Les services professionnels, scientifiques et techniques ont été particulièrement affectés avec une hausse de 53,4 % durant la même période, passant de 10 615 à 16 285 postes vacants.

«Le bassin de travailleurs disponibles est limité, et particulièrement dans ce secteur d'activité, ce qui fera en sorte que les engagements des gouvernements de créer des emplois dans les professions de la santé constitueront un réel défi», a analysé Mme Homsy.

Avec la reprise économique au troisième trimestre, on pourrait s’attendre à ce que les entreprises affichent davantage de postes vacants au cours des prochains mois.

Une enquête de Statistique Canada révèle que 11,1 % des entreprises québécoises anticipent une hausse des postes vacants.

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