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L'obésité infantile demeure une grande préoccupation

L’obésité chez les enfants demeure une grande préoccupation dans le milieu de la santé, et une nouvelle étude de la Clinique 180 démontre que l’insécurité alimentaire prend encore de l’ampleur. Elle a augmenté de 6% depuis le début de la pandémie. 

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L'étude a été mise sur pied par le docteur Jean-Philippe Chartier-Drouin de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval à Québec. 

Elle souligne que sur 248 jeunes qui fréquentent la Clinique 180, des jeunes âgés de 2 à 17 ans, 40 % vivent de l’insécurité alimentaire.

«C'est de ne pas être capable de subvenir à nos besoins de se nourrir convenablement», explique Dr Julie St-Pierre de la Clinique 180. 

L'étude indique également que 48 % des jeunes qui consultent à la Clinique 180 sont des immigrants qui ont de la difficulté à avoir accès à des aliments santé. 

«Souvent, ce qu'on voit, ce sont des parents qui, malgré leurs diplômes, doivent avoir un, deux, trois emplois pour être capables de subvenir à leurs besoins, aussi des familles monoparentales», dit Dr St-Pierre. 

Les secteurs de Montréal qui sont les plus touchés par la problématique sont Villeray, Montréal-Nord, Saint-Michel et Montréal-Est. 

Une adolescente touchée   

Christine Duchesne est une mère monoparentale de deux adolescentes qui a de la difficulté à faire l'épicerie. Elle a également souffert d'obésité morbide quand elle était plus jeune. 

«C’est très dispendieux aussitôt qu'on est dans les produits santé», note-t-elle. «Parfois on a tendance à aller vite, à aller vers des choses qui sont rapides. Les produits transformés, c'est souvent ce qu'on mange le plus.»

«Quand on fait l’épicerie, ne serait-ce que trouver des idées, et d’être guidé justement pour avoir des bonnes recettes, on vient qu’on ne le sait pas», rajoute-t-elle. «On tombe trop dans la facilité, et on dirait que c’est ça qui nous sauve.»

Depuis que la situation familiale et de ses filles va mal, la famille mange moins bien.

«En deux ans, j'ai perdu mon mari, donc le père de mes filles. Quatre mois plus tard, ça a été mon père, et mon frère en février cette année», dit Mme Duchesne. «Là, j'ai perdu mon emploi, et en début mai, j'ai eu un diagnostic de sclérose en plaques.»

Sa fille Nicky Gemme, 11 ans, est suivie par Dr St-Pierre. Elle tente de perdre du poids pour améliorer sa santé. 

«Tu sais, quand tu es en train de marcher ou que tu es dans ton cours d'éducation physique, et que tu n'es plus capable de courir parce que tu as trop mal au ventre, que ça te crée des bosses dans le corps, c'est assez compliqué», dit la jeune fille. 

«Mon objectif, ce serait de revenir à une taille normale», dit la jeune fille. «J’aimerais beaucoup que le gouvernement ouvre plus de cliniques comme la Clinique 180 parce qu’on est beaucoup dans ce cas-là et on ne sait pas où aller ou comment faire pour s'en sortir.»

Nicky déplore que beaucoup de gens sont méchants avec elle en raison de son poids. «Il y a beaucoup de gratuité, et c’est blessant», note-t-elle. 

Elle trouve que c'est difficile d’avoir une alimentation santé.

«On est habitués à manger certaines choses, mais ces choses-là ne sont pratiquement jamais assez santé», se désole-t-elle. 

Des pistes de solutions proposées  

Selon la docteure St-Pierre, les gens ont de la difficulté à se retrouver à l’épicerie. 

«Ce n’est peut-être pas culturel pour eux de bien choisir un produit», dit-elle. «Ils vont être grandement influencés par les marques en spécial qu’on voit et qui sont malsaines pour leurs enfants, beaucoup de produits transformés.»

La docteure explique qu'une des pistes de solutions pour diminuer cette insécurité alimentaire, c'est de donner aux organismes communautaires qui aident les familles à faible revenu. 

Il faut aussi faire beaucoup d'éducation, sinon on peut se retrouver avec des problèmes de santé comme l'hypertension, le diabète ou des problèmes de cholestérol, entre autres.  

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