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Tué pour sa console de jeux

meurtre lachute

Photo courtoisie

Une mince quantité de cannabis et une console de jeux vidéo : voilà le maigre butin qui a motivé les meurtriers d’un jeune homme de 20 ans tué crapuleusement en pleine nuit à Lachute.

On voit ici le jeune de 20 ans tout sourire, en compagnie d’une de ses sœurs.

Photo tirée de Facebook

On voit ici le jeune de 20 ans tout sourire, en compagnie d’une de ses sœurs.

« Trente grammes de pot et une console de PlayStation. C’est pour ça qu’on a tué [Tristan Boudreau-Boyer] », a laissé tomber mardi le procureur de la Couronne, Me Steve Baribeau, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Bryan Steven Canas Escobar, Alexandre Roy-Larose et Guerby Osmang Junior Jean, tous âgés de 20 ans, y ont plaidé coupables à des accusations d’homicide involontaire, voies de fait, vols qualifiés et introductions par effraction. Deux autres complices ont aussi déjà été condamnés pour ces crimes qui remontent au 20 janvier 2020.

Cette nuit-là, quatre Montréalais ont eu l’idée de commettre un vol à main armée, peut-on lire dans le résumé des faits.

Le quatuor s’est rendu à Lachute, dans les Laurentides, pour retrouver Roy-Larose. Ce dernier a ensuite dirigé le groupe sur la rue Paul-Émile-Barbeau.

Premier coup raté  

D’abord, ils sont entrés dans un logis qu’ils espéraient rempli de drogue et d’argent. Ils ont commis des voies de fait armées sur son occupant, connu pour être un vendeur de stupéfiants à petite échelle.

Ils sont toutefois repartis bredouilles.

Des techniciens en identité judiciaire de la Sûreté du Québec avaient scruté la scène à la loupe durant la journée suivant le meurtre de Tristan Boudreau-Boyer, à Lachute.

PHOTO D'ARCHIVES, MAXIME DELAND

Des techniciens en identité judiciaire de la Sûreté du Québec avaient scruté la scène à la loupe durant la journée suivant le meurtre de Tristan Boudreau-Boyer, à Lachute.

Déçus, les cinq voyous ont tenté leur chance à l’appartement de Tristan Boudreau-Boyer. Ce dernier partageait un logement avec son père à 3 kilomètres de la première scène de crime. 

Les individus ont d’abord aspergé le père de poivre de Cayenne, avant que Boudreau-Boyer sorte de sa chambre complètement nu.

Il a sitôt été assommé à l’aide d’une pipe à eau en vitre. Canas Escobar l’a ensuite poignardé à deux reprises, dont un coup directement au cœur. 

« M. Escobar a agi lâchement devant une personne sans défense qu’il ne connaissait pas », a affirmé Me Baribeau.

PHOTO D'ARCHIVES, MAXIME DELAND

Roy-Larose aurait cru que leur victime, un simple consommateur récréatif de cannabis, pouvait avoir chez lui une grande quantité de drogues. Or, il n’en était rien.

Après le meurtre, les complices ont quitté les lieux avec, comme butin, une console de jeux vidéo PlayStation 4 entre les mains. 

La carte de crédit de maman  

Une fois branchée, la console aurait aidé les autorités à coincer un des suspects quand il a entré les numéros de carte de crédit de sa mère pour effectuer des achats.

Mardi, Canas Escobar a écopé d’une peine de 18 ans de prison, tandis que Jean a reçu une sentence de 5 ans d’emprisonnement. 

Il s’agissait de suggestions communes qui ont été entérinées par la juge France Charbonneau.

Bryan Steven Canas Escobar, Ehrlich R. Edmond et Alexandre Roy-Larose.

Photo d'archives

Bryan Steven Canas Escobar, Ehrlich R. Edmond et Alexandre Roy-Larose.

 

En juillet 2020, un autre complice, Ehrlich R. Edmond, 19 ans, a lui aussi été envoyé derrière les barreaux pour 5 ans. 

Le cinquième individu, le conducteur, qui a collaboré avec les autorités, a plaidé coupable à des chefs réduits et a reçu une peine de 50 jours discontinus en prison.

Par ailleurs, des proches du défunt ont tenu à s’adresser aux accusés, mardi.

Un garçon toujours souriant  

« Chaque fois que je repasse devant le poste de police, je vois ma fille qui s’écroule en apprenant que son chum est mort. Comme c’est moi qui ai nettoyé [la flaque de sang], j’ai tout le temps ce film dans ma tête », a lancé aux meurtriers Isabelle St-Georges, belle-mère de Tristan.

« Il n’a pas eu un parcours facile, mais il était toujours souriant », a-t-elle poursuivi.

« Depuis, il n’y a pas un jour que je ne regrette pas de ne pas lui avoir dit que je l’aimais plus souvent », a ajouté Lisa Boudreau-Boyer, 30 ans, sa sœur aînée.

« J’ai mal. Ma fête ne sera plus jamais un événement heureux. On m’a enlevé l’amour de ma vie cruellement un jour avant », a dit Jennyfer Bérubé St-Georges, 17 ans, sa copine à l’époque.


Alexandre Roy-Larose doit revenir au tribunal pour sa peine en décembre.

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