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Violence à l'égard d'un poupon: le juge doit décider entre une sentence suspendue et 18 mois d'emprisonnement

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Paul - stock.adobe.com

Un père de famille trouvé coupable de voies de fait ayant causé des lésions à son jeune poupon d’à peine quatre mois risque de passer les 15 à 18 prochains mois derrière les barreaux si le juge se plie à la demande de la Couronne.  

En avril dernier, le juge Stéphane Poulin de la Cour du Québec a adhéré à la preuve circonstancielle présentée par le poursuivant, Me Louis-Philippe Desjardins au procès du père de 33 ans dont on ne peut dévoiler l’identité pour protéger l’enfant.  

En février 2016, la maman du petit Maxime (prénom fictif) a quitté l’appartement qu’elle partageait avec l’accusé pour aller reconduire la grand-mère du poupon.  

Une heure plus tard, lors de son retour, l’accusé l’a accueilli dans le cadre de porte en lui disant qu’il était arrivé «un grave accident dans le bain». Il a ajouté toutefois que «tout était beau» et que l’enfant se trouvait maintenant dans sa chambre. 

Devant les questions insistantes de la maman, le père de famille avait expliqué que le bébé avait «glissé» dans le bain, qu’il l’avait «rattrapé fortement» et qu’«apeuré», il avait dû «consoler» l’enfant.  

Lorsque la maman est allée chercher le petit Maxime pour le nourrir, elle a remarqué «des rougeurs au front, comme s’il avait eu une réaction cutanée suite à une exposition prolongée au soleil et des points rouges en dessous des yeux», peut-on lire dans la décision.  

«Fort» enserrement du thorax  

Après avoir confronté à nouveau l’accusé et consulté le 811, la mère de famille a amené Maxime à l’hôpital. À la suite de différentes expertises, il a été établi que les rougeurs de l’enfant «témoignaient d’un fort enserrement du thorax et de l’abdomen».  

Au surplus, les spécialistes ont noté que le bébé présentait des «hémorragies étendues de chaque côté du cerveau» qui «traversaient également jusqu’à l’arrière au niveau du cervelet».  

Lors de son témoignage, la médecin traitante avait également ajouté que le portait global de Maxime était «vraiment inquiétant lorsqu’elle l’a évalué et que la version des parents n’expliquait pas les blessures» constatées chez le poupon qui ne conserve, aujourd’hui, aucunes séquelles.  

Le témoignage du père – qui consommait à l’époque alcool et marijuana quotidiennement- avait quant à lui été qualifié par le juge d’«invraisemblable, déraisonnable, chargé de contradictions, d’incohérences et d’imprécisions».   

En défense, Me Valérie Gionet a demandé que son client reçoive une sentence suspendue et qu’il puisse effectuer 240 heures de travaux communautaires. Elle a également suggéré qu’il puisse bénéficier d’un suivi thérapeutique «serré».  

Le juge rendra sa décision le 20 octobre.  

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