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Manifestation contre les mesures sanitaires: le projet de loi décrié par le Ligue des droits et libertés

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

La Ligue des droits et libertés (LDL) tire à boulets rouges sur le projet de loi présenté jeudi par le gouvernement Legault pour empêcher les manifestations anti-mesures sanitaires à proximité d’une foule de lieux publics, dont les écoles et les hôpitaux.

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Selon la Ligue, le gouvernement dispose déjà de leviers pour empêcher les antivaccins et autres opposants aux mesures sanitaires d’entraver l’accès aux lieux visés par le projet de loi 105.

«Étant donné l’existence de ces outils législatifs, la LDL considère qu’il n’y a ni nécessité ni urgence d’en ajouter et de créer ainsi une restriction indue à l’exercice du droit de manifester», écrit-elle dans un communiqué diffusé jeudi, en pleine étude du projet de loi par les parlementaires à l’Assemblée nationale.

«Une gifle»

Qui plus est, la comparaison souvent évoquée entre le projet de loi du gouvernement Legault et celui adopté en 2016 sous l’ancien régime libéral pour tenir à distance les manifestants pro-vie des cliniques d’avortement est «inappropriée» et «représente une limite à ne pas franchir», estime la LDL.

«L'amalgame entre l’oppression historique de dissuasion et d’intimidation envers les femmes et des manifestations ponctuelles d’opposition aux mesures sanitaires ne tient tout simplement pas la route! C’est même une gifle envers les mouvements féministes!» affirme la coordonnatrice de la LDL, Catherine Descoteaux.

La LDL réitère plutôt sa demande au gouvernement à lever l’état d’urgence sanitaire et «à élargir un dialogue démocratique sain avec la population, y compris la frange qui critique ses décisions».

Des modifications proposées

Tous les partis d’opposition ont offert leur collaboration au gouvernement Legault pour faire adopter rapidement le projet de loi 105 à l’exception de la députée conservatrice Claire Samson, qui a posé certaines conditions à son appui.

Entre autres, Claire Samson veut être assurée qu'il s'applique au plus durant 30 jours avant d'être renouvelé.

Le projet de loi 105 prévoit d’interdire les manifestations anti-mesures sanitaires et antivaccins à moins de 50 mètres des écoles, des services de garde, des centres de vaccination et de dépistage ainsi que de tous les établissements de santé, sous peine d’amendes de 1000 $ à 6000 $.

L’intimidation et les menaces à l’endroit de citoyens qui souhaitent avoir accès à un test de dépistage de la COVID-19 dans ces mêmes endroits seraient aussi passibles d’une amende de 2000 $ à 12 000 $.

Depuis qu’ils ont entamé son étude, jeudi après-midi, les partis ont déposé plusieurs motions afin de s’assurer qu’il soit toujours possible pour les travailleurs du réseau public de manifester sur leurs lieux de travail comme, par exemple, dans le cas d’un «sit-in» d’infirmières.

Le gouvernement doit obtenir la collaboration de tous les députés pour faire adopter rapidement le projet de loi 105 puisqu’il a choisi d’adopter la procédure ordinaire plutôt que d’imposer un bâillon qui aurait restreint le temps de débat.

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