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Première de «Maria Chapdelaine»: magnifique et envoûtant

L’actrice Sara Montpetit crève l’écran dans la peau du célèbre personnage de Maria Chapdelaine.

Photo courtoisie, MK2 Mile End

L’actrice Sara Montpetit crève l’écran dans la peau du célèbre personnage de Maria Chapdelaine.

Ça prenait une bonne dose de confiance et une certaine assurance pour proposer une nouvelle adaptation cinématographique de Maria Chapdelaine, ce classique de la littérature du terroir qui a déjà été porté au grand écran à trois reprises dans le passé. Mais le cinéaste Sébastien Pilote a réussi son pari en signant un film magnifique et envoûtant qui offre un nouveau regard sur le roman de Louis Hémon.  

L’histoire de Maria Chapdelaine, tout le monde la connaît, ou presque. Le film nous transporte au début des années 1910, sur une terre située aux abords de la rivière Péribonka, près du Lac-Saint-Jean. C’est dans ce lieu isolé au milieu de la forêt que Samuel Chapdelaine (Sébastien Ricard) a choisi de s’installer avec sa famille. Avec l’aide de sa femme, Laura (Hélène Florent), et de leurs six enfants, il travaille sans relâche pour défricher sa terre, en tentant du mieux qu’il peut de survivre aux longs et rudes hivers. 

Même si elle n’a que 17 ans, Maria (Sara Montpetit), la fille aînée de la famille Chapdelaine, se retrouve déjà devant des dilemmes de taille, alors que trois prétendants sont prêts à lui faire la grande demande. 

Alors que les trois précédentes adaptations du roman de Louis Hémon s’attardaient davantage à l’histoire d’amour entre Maria Chapdelaine et François Paradis (son prétendant préféré, joué par Émile Schneider), le film de Sébastien Pilote met davantage l’accent sur la résilience de cette famille qui a fait le choix difficile de vivre au milieu du bois plutôt que de s’installer confortablement dans un village. La quête amoureuse de Maria occupe une place importante dans le récit, mais elle ne constitue pas la matière principale de ce portrait authentique et réaliste du Québec rural des années 1910. 

Lenteur assumée

Lui-même originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sébastien Pilote (Le vendeur) s’est plutôt servi de cette histoire pour explorer des thèmes qui lui sont chers, comme l’unité familiale et le sens du devoir. Magnifiquement filmée par le directeur photo Michel La Veaux, la nature a aussi été abordée comme un personnage central du film, cruelle et violente pendant l’hiver, puis douce et libératrice durant l’été. 

Le rythme lent et contemplatif du film, installé minutieusement par Pilote, s’apprivoise assez bien, même si on note quelques longueurs en milieu de parcours (le long métrage dure 2 h 38). Le cinéaste a préconisé une mise en scène sobre, mais très soignée, évitant notamment les pièges du mélodrame. Mention spéciale à la musique sublime de Philippe Brault qui vient appuyer les moments dramatiques de façon toujours subtile.

Pilote a aussi fait un choix audacieux, mais très payant, en confiant le rôle de Maria Chapdelaine à une jeune actrice débutante : Sara Montpetit. Ayant le même âge que le personnage dans le roman (contrairement aux actrices des adaptations précédentes, qui étaient plus âgées), elle se distingue par la pureté et le naturel de son jeu. Dans le rôle des parents, Hélène Florent et Sébastien Ricard livrent également des performances remarquables. 

Maria Chapdelaine ★★★★☆ 

Un drame de Sébastien Pilote

Avec Sara Montpetit, Hélène Florent, Sébastien Ricard, Émile Schneider et Antoine Olivier Pilon

À l’affiche vendredi

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