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Surchauffe immobilière: à qui la faute?

Alors que le marché immobilier québécois récupère lentement d’une période de surchauffe sans précédent, certains ont remis en question le travail des courtiers et se sont demandé si leurs activités contribuaient à la hausse rapide des prix des propriétés.  

Dans un mémoire détaillé soumis dans le cadre d’une consultation ministérielle sur le sujet, l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) démontre clairement que la surchauffe s’explique par les conditions du marché, notamment un manque criant de propriétés à vendre (40 000 unités manquantes), et non par le travail des courtiers. 

Cette rareté d’inventaire, qui se dessinait déjà avant la pandémie, ainsi qu’une dizaine d’autres facteurs ont contribué à créer une tempête parfaite qui a mené à une hausse rapide des prix. 

Stress et frustration  

Si la surchauffe immobilière cause son lot de stress et de frustration aux ménages qui sont en processus d’achat ou de vente, il ne fait aucun doute que les premiers acheteurs constituent les principales victimes des conditions de marché actuelles. Privés des profits importants générés par la vente d’une résidence, ils doivent composer avec une augmentation galopante des prix qui rend leur rêve de devenir propriétaire de plus en plus incertain. Plusieurs doivent même se résigner à abandonner leur projet.    

  • Écoutez Denis Joanis avec Benoit Dutrizac ici   

Cette situation nous désole au plus haut point et nous inquiète aussi pour la bonne santé du marché immobilier québécois. En effet, un marché immobilier sain est naturellement composé de premiers acheteurs qui accèdent à la propriété, d’acheteurs plus expérimentés qui désirent acquérir une plus grande propriété pour loger la famille et d’acheteurs plus âgés qui souhaitent vendre leur grande maison pour aménager dans une résidence plus petite. C’est une roue qui tourne et qui fait en sorte qu’il existe une offre et une demande pour tous les types de propriétés.

De nouveaux logements  

Dans la campagne électorale fédérale, la question de l’abordabilité était sur toutes les lèvres et nous nous en réjouissons. Mais pour redonner espoir aux premiers acheteurs d’accéder à la propriété, il faut d’abord faire en sorte que le marché retrouve un juste équilibre. Et tous les spécialistes s’entendent sur ce point, l’équilibre du marché passe par une augmentation significative de l’offre de propriétés rendues disponibles aux acheteurs. 

Nous demandons donc à tous les paliers de gouvernement de reconnaître que la solution aux problèmes d’abordabilité réside dans la mise en place de programmes et d’incitatifs qui favoriseront la construction de nouveaux logements, et non dans un encadrement encore plus sévère d’une industrie déjà bien réglementée et qui est en quelque sorte régie par les conditions du marché. 

Pour contrer la hausse des prix, la prochaine génération de propriétaires immobiliers mérite un remède de cheval, et non un simple diachylon. 

Denis Joanis, Président et chef de la direction de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec   

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